Camille Huysmans à propos de son voyage en Géorgie

LA REPUBLIQUE SOCIALISTE DE GEORGIE

Par Camille Huysmans, socialiste – Belgique

Vooruit, 25 et 29 octobre 1920

Citoyens,

C’est avec plaisir que j’ai accepté l’invitation de venir vous parler ici de notre voyage en Orient, dans le pays appelé la Géorgie.

Mais avant de vous exposer quels furent les résultats de ce voyage, il est nécessaire que je vous dise en résumé ce qu’est la Géorgie, et quel était le but de notre expédition.

Il y a quelques semaines, je rencontrai à Paris mon ami Tséreteli qui y représente la Géorgie. Après avoir parlé de la situation de son pays, nous tombâmes d’accord qu’il serrait utile que des socialistes occidentaux fissent un voyage en Géorgie.

La Géorgie est le seul Etat socialiste du monde entier. C’est un Etat socialiste qui n’a pas été fondé sur la contrainte ou le meurtre, mais sur la démocratie. C’est un état que nous ne pourrions nous-même édifier que si nous étions les maîtres dans notre propre pays. Pour acquérir cette puissance, il nous faudrait un degré parfait de conscience et d’organisation.

Il serait donc intéressant de rechercher comment cet Etat s’est fait, et comment nos camarades, qui se disent nos élèves, ont réussi à accomplir leur oeuvre.

De tous côtés la Géorgie est entourée d’ennemis : au nord, les Bolcheviks qui ne cherchent qu’une occasion d’envahir la Géorgie, comme ils le firent à Bakou, où ils assassinèrent les femmes et les enfants ; d’un autre côté les Kémalistes, qui ne sont pas d’accord avec les Pays de l’Entente.

L’Etat géorgien occupe donc une situation tout à fait exceptionnelle au point de vue international. Et c’est, de plus, un Etat socialiste, c’est-à-dire un danger pour la réaction.

C’est un pays trois fois grand comme la Belgique ou la Hollande, mais avec une population moitié moindre. Mais les résultats atteints par ce peuple inspirent le respect.

C’est un pays de civilisation bien plus ancienne que la nôtre. Chez nous les édifices du IXème siècle sont très rares ; là-bas, il y en a de nombreux du IV, V et VIème.

Partout il y a de l’art.

J’ai toujours aimé la musique. Si j’avais à recommencer ma vie, je me ferai musicien. Je suis devenu homme politique. Et pourtant je ne comprends pas grand chose à la politique (Rires). En Belgique, nous avons beaucoup de musiciens. Mais qui sait donc y chanter ?

En Géorgie, au contraire, il n’y a pas un homme qui ne sache chanter. Et toujours à la perfection. Le premier venu y chante avec un talent indéniable. Et, tous s’émerveillaient de notre étonnement.

L’art y est le bien de tout le monde. Pour qu’un peuple et un pays en arrivent là, il leur faut une longue tradition.

Tous les Géorgiens savent danser. La danse n’est pas pour eux une chose ridicule. Elle est toujours individuelle. Le costume national est splendide. Ce peuple a de la grâce. Nous avons perdu la nôtre à cause de la division du travail, alors que les Géorgiens n’ont pas encore été asservis par la vie en fabrique.

Le symbole du pays est leur Georges blanc (d’où probablement le nom du pays en Occident). La Géorgie est le pont de l’Europe vers l’Asie, tout comme la Belgique est le pont qui relie l’Europe occidental à l’Europe centrale.

La Géorgie est située au sud du Caucase ; à droite se trouve Bakou, où les bolcheviks ont fait une incursion et règnent encore par la terreur. Au sud, l’Arménie et la Turquie.

La langue géorgienne n’appartient à aucun autre groupe de langue, pas plus au groupe germanique qu’au groupe slave. Il semble que ce soit une langue comme celle des Basques, les plus anciens habitants de l’Europe. L’alphabet géorgien comprend 38 lettres.

Ce qui nous a frappé aussi c’est l’existence de certaines consonnes que notre langue a perdues.

La légende de la Toison d’or vient de Géorgie, probablement parce qu’on y trouvait de l’or.

Le christianisme y fut introduit au Vème siècle ; et au VIème se constitua l’Eglise géorgienne indépendante.

La plus florissante période du royaume géorgien et de sa civilisation, fut le XIIème siècle, sous la reine Thamar. C’est alors que fut écrit, par Roustavéli, un grand poème épique. Ce poème a été traduit en anglais. C’est la meilleure traduction qui existe.

Après que Constantinople eût été prise par les Turcs en 1453, la Géorgie fut séparée de l’Europe et livrée à elle-même.

Ce pays avait été pendant des siècles un Etat indépendant ; mais en 1783, menacé par les Turcs, il se trouva obligé de faire un traité d’alliance avec la Russie, le seul Etat qui pût le protéger.

Quand un petit pays s’allie avec un  grand, il est mangé. Tel fut aussi le sort de la Géorgie. En 1801, elle devint une province de la Russie.

Il n’est pas besoin d’insister sur cet exemple dans le pays de Gand ; mais on peut attirer sur ce point l’attention de la Belgique wallonne. La Belgique ne doit pas lier sa politique à celle d’un grand pays (Acclamations).

Les Géorgiens restèrent toujours attachés à leur liberté. Rien d’étonnant, par suite, qu’ils se soient placés à l’avant-garde lors de la révolution de 1905.

Je passe à notre voyage.

Nous devions examiner quel était le meilleur système : celui de Moscou ou celui de Tiflis.

Nous passâmes par Paris, Rome, Tarente. Pour éviter la peste on nous embarqua en cet endroit sur un bateau qui avait été…désinfecté (Rires).

Nous côtoyâmes la Grèce et parvînmes à Constantinople. Nous y restâmes plusieurs jours, dans le port. Nous n’avons jamais rien vu de plus beau.

Puis nous allâmes à Trébizonde, le long du Bosphore et de la mer Noire, et nous nous dirigeâmes vers le port de Batoum.

C’est maintenant que commence notre vrai voyage. Il dura du 21 août au 15 septembre. Notre impression générale fut celle d’une féerie.

Nous fûmes reçus à Batoum par le gouvernement, le conseil municipal, les zemstvos et des travailleurs avec leurs drapeaux rouges. Il y en vaient des centaines, que dis-je des milliers qui nous attendaient. Des hommes, des femmes, des enfants, des soldats avec leurs généraux.

Nous fûmes conduits en triomphe jusqu’à la maison de ville, où furent prononcés des discours au nom du gouvernement, du conseil municipal, etc…Puis on nous fit visiter la ville et le port. Il y eût ensuite un banquet avec des toasts.

Le jardin botanique que nous visitâmes nous montra toutes les richesses imaginables. Nous vîmes aussi une plantation de thé, et des fabriques de meubles en bambou.

Dans nos pauvres Flandres, on n’a aucune idée d’une telle richesse.

Le soir nous partîmes par train spécial.

Pendant les 16 à 17 jours que dura le voyage, j’ai dormi à peine deux heures dans mon lit. Les discours commençaient à7 heuresdu matin et se terminaient à deux heures de la nuit. Partout nous dûmes parler.

Il faut que vous sachiez que le peuple a bien entendu parler de nous ; mais c’est la première fois qu’il voyait ses camarades de l’Occident qu’ils ne connaissaient que de nom.

Le peuple tout entier s’était levé ; des centaines de personnes étaient descendues des montagnes, à cheval ou en voiture, pour nous saluer. Dans certaines gares, on menaça de briser le train si nous ne consentions pas à faire halte…

Nous arrivâmes à Tiflis, capitale de la Géorgie. Les tramways et les funiculaires de cette ville appartenaient autrefois à des compagnies belges, aujourd’hui dépossédées.

Nous assistâmes à une séance de la Constituante. Nous y fûmes salués au nom de tous les partis.

A la fin de la séance, nous dûmes faire des discours sur les places publiques. Notre domicile était situé juste en face de l’ambassade des bolcheviks. Ils avaient arboré le drapeau rouge. L’avaient-ils exhibé à l’occasion de notre visite, c’est ce que j’ignore (Rires).

Le lendemain, notre travail débuta par un entretien avec le comité central du Parti, auquel nous posâmes différentes questions. Des rapports furent lus par plusieurs ministres. Ceux-ci expliquèrent pourquoi ils avaient agi de telle ou telle manière. Le ministre de l’Agriculture, par exemple, vint nous dire comment les terres avaient été réparties ; mais j’entrerai des ces détails au cours de ma deuxième conférence.

Le ministre du Travail a institué une ‘Chambre des Tarifs » qui détermine les salaires selon le coût de la vie. Il n’est plus besoin de grèves, ni d’action directe.

Les syndicats sont magnifiquement logés. Pour rappeler la mémoire de membres décédés du Parti, on n’élève pas de statues, mais on fonde des bibliothèques.

C’est Jordania qui est le Président de la République.

Je n’ai jamais rencontré d’hommes qui aient mieux représenté leur peuple que Jaurès et Bebel ; sauf Jordania. Il a été élu à l’unanimité. On peut critiquer les ministres et nul ne s’en fait faute. Mais personne n’attaque Jordania.

Il représentait la Géorgie dans la première Douma.

Le deuxième jour de notre arrivée à Tiflis fut consacré à la visite de l’autre fraction socialiste, celle des fédéralistes, qui est en opposition avec le gouvernement social-démocrate.

Les Arméniens et les socialistes-révolutionnaires russes se sont plaints à nous. Nous avons fait de notre mieux pour rétablir l’unité et nous ne nous en sommes pas tenus à une seule démarche.

Je donnai comme exemple la Belgique : « Nous voici devant vous, ai-je dit : Vandervelde, de Brouckère et moi. Nous jugeons tous trois autrement sur les questions de guerre et de paix. De plus, je suis flamingant. J’ai combattu toute ma vie pour la cause flamande et je ne l’abandonnerai jamais. Mais il n e nous vient pas à l’idée de quitter le combat que nous livrons en commun. Il doit en être de même en Géorgie où 90 % des habitants sont socialistes ».

Un autre jour nous allâmes au sommet du Caucase, haut de5000 mètres. L’excursion avait été organisée par la garde populaire.

Il y a deux organisations militaires en Géorgie. La première est l’armée régulière de l’Etat où le service est obligatoire. La deuxième est la Garde Populaire, composée de volontaires, surtout des membres des Syndicats et des partis socialistes.

Nous montâmes la route en auto. Au premier village que nous rencontrâmes, tous les habitants nous attendaient. Un vieillard avec une barbe grise s’avança. Il nous offrit du sel et du pain. Et conformément à la tradition, nous dûmes chacun en signe d’amitié, prendre un morceau de pain, le tremper dans le sel et manger. C’est ainsi que nous fûmes salués dans chaque village.

Dans une bourgade, nous vîmes un hôtel qui avait pour enseigne « Aux femmes marxistes ». J’allai parler à ces femmes. Elles connaissaient très bien notre théorie et nous eûmes l’impression que la propagande socialiste était fort bien organisée.

Des musiciens nous jouèrent La Marseillaise et des musiques préhistoriques.

Tout à coup nous vîmes arriver de loin toute une troupe de cavaliers. Ils se joignirent à nous. Et à mesure que nous avancions, le nombre des cavaliers augmenta sans cesse. Ils chevauchaient à côté », devant et derrière l’auto, en exécutant toutes sortes d’acrobaties dangereuses.

Ces habitants des montagnes n’ont jamais été soumis. Aucune domination étrangère n’a réussi à les faire plier. Maintenant, ils se sont mis librement au service de la république socialiste.

Quand nous arrivâmes au Kazbek, accompagnés de centaines de cavaliers, le soir tombait. Nous rencontrâmes là, devant l’église, un prêtre qui nous salua au nom de la population qui l’entourait. Ramsay Mac Donald lui répondit. Le prêtre était sur une éminence ; derrière lui l’église, devant lui la foule et les chevaux harnachés. Et, dans le fond, la chaîne du Caucase. Vous pouvez imaginer ce spectacle ; c’était grandiose !

Le lendemain nous allâmes à cheval jusqu’au sommet. La population nous offrit toutes sortes de présents. C’est ainsi qu’entre autres, on me donna un cerf vivant. Que fallait-il en faire ? (Rires)

Le 21 août nous nous dirigeâmes vers la région des vignes. Nous visitâmes une exploitation qui appartenait, avant la révolution, à la famille impériale. Il nous fallut deux heures pour la traverser. Le soir, dans le magnifique château du domaine, les paysans chantèrent pour nous. Ce qu’ils chantèrent compte parmi les plus belles choses que j’ai entendues de ma vie.

Ce fut ensuite le tour d’une autre région du pays : Tchiatouri où l’on  exploite des mines de manganèse. Ce minerai est précieux, mais sont obtention est pénible et coûteuse. En 1909 on produisit900.000 tonnes dont 6 % furent exportés en Belgique.

Nous fîmes aussi une visite aux mines de charbon de Tkvibouli. Les filons ne s’y dirigent pas en profondeur comme chez nous, mais droit à travers les montagnes.

J’ai porté la question, comment pouvons-nous aider nos camarades géorgiens, devant le comité central de nos mineurs. Il faudrait envoyer en Géorgie plusieurs centaines de nos ouvriers spécialistes et de nos ingénieurs, afin d’apprendre à nos frères comment travailler.

C’est ainsi qu’on pourrait aider le peuple géorgien à utiliser ses richesses, non pas au profit du capitalisme, mais au profit de l’Etat socialiste.

Koutaïs, qui est en grandeur la deuxième ville du pays, est construite à la moderne. C’est là qu’a commencé le mouvement socialiste.

On nous avisa de rejoindre notre bateau un jour plus tôt qu’il n’avait été convenu. Notre groupe dut prendre congé. Toute la population se réunit et je lui ai parlé avec un véritable plaisir.

Enfin nous retournâmes à Tiflis. Nous y eûmes un entretien avec le gouvernement au complet.

La question était : quelle est la conclusion que nous tirons de notre voyage ? Qu’est-ce qu’elle nous suggère ?

Nous dîmes que la Géorgie devait être reconnue comme un état indépendant aussi vite que possible par les autres Puissances, et qu’il fallait organiser une ligne de navigation entre la Géorgie et la Belgique.

Que les Géorgiens devaient faire alliance avec d’autres petits pays afin d’empêcher les grands de les engloutir.

Que notre gouvernement pourrait aider en ce qui concerne les mines de manganèse et de charbon. Que pour les autres produits, notre Fédération des coopératives leur viendrait en aide. Qu’il leur fallait avoir des chemins de fer perfectionnés, un bon enseignement technique et une bonne administration financière. Que leur monnaie devait augmenter de valeur.

Notre devoir est de contribuer au développement de la Géorgie.

Pour exécuter une œuvre pratique, il faut éveiller en tous la conscience altruiste. Il est là une question d’éducation. Dans un pays où la nature est extraordinairement douce, les habitants n’éprouvent pas autant que nous, le besoin de travailler.

Au cours d’un banquet nous eûmes pour voisin une princesse. Sous l’ancien régime, elle possédait une province entière. Maintenant elle n’a plus, comme chacun, que 7 hectares ; elle nous déclara ouvertement : « Rien n’est plus juste ; autrefois je jouissais seule de mon bien, maintenant, il profite au peuple tout entier. »

Mais ce sont là d’autres gens que nos capitalistes (rires)

Je passe à la question scolaire. En Géorgie aussi on éprouva des difficultés avec la question des langues. J’ai toujours soutenu que la langue scolaire devait être celle de l’enfant, et non pas celle que préfère le papa. En Géorgie, on discuta des mois à ce sujet. Enfin on se résolut à admettre mon point de vue, et quand le Ministre de l’intérieur nous annonça cette décision, je dis à mon ami de Brouckère : « Inscris cela ». (rires)

De Bakou des gens vinrent nous trouver pour nous raconter comment ils avaient été traités par les bolcheviks. A Bakou vivaient des Musulmans. Ils avaient créé un Etat démocratique indépendant qui fut détruit par les bolcheviks.

Que des bourgeois égorgent des socialistes ou que des socialistes égorgent des bourgeois le crime est le même. Mais quand des socialistes égorgent des socialistes, le crime est double (Vive émotion).

Nous accueillîmes aussi des délégations de gens qui avaient vécu sous les gouvernements de Denikine et de Wrangel et qui avaient aussi à se plaindre de violences.

Les camarades géorgiens me demandèrent, vers la fin de mon séjour, de prononcer un discours critique. Il eut lieu dans une « maison de thé » qui avait été construite par les ouvriers eux-mêmes en mémoire de Plékhanov.

Je leur dis :

« Vous avez accompli des choses admirables, mais vous devez encore apprendre à travailler. Vous avez lz journée de huit heures. Ceci est évidemment très bien. Mais il vous faut travailler réellement huit heures et non pas soviétiser là-dessus pendant quatre. Il faut produire encore et toujours. Puis, quand vous aurez beaucoup produit, quand la technique sera améliorée, vous pourrez penser à ne plus travailler que sept heures, et même moins. Dans le régime socialiste, la production doit être plus forte que dans le régime capitaliste ; sinon nous serons plus pauvres sous le socialisme que sous le capitaliste. »

Pour faire honneur aux socialistes que nous sommes, nous fûmes nommés citoyens d’honneur de batoum et élus membres de la Garde Populaire.

Nous rentrâmes en Belgique par la Bulgarie, la Yougoslavie, l’Italie et la France. Ce fut un voyage très fatigant. Mais il aura de bons résultats ;

Je n’ai pu vous esquisser  à peine que le côté pittoresque de notre voyage : il me faut réserver pour une autre conférence des renseignements précis sur les bases de l’Etat, l’organisation du mouvement socialiste, les mesures économiques, etc.

Les Géorgiens sont sous l’impression du mouvement ouvrier belge et profitent de notre expérience. Mais ils ont dix fois plus de difficultés que nous. Ils ont beaucoup d’ennemis et doivent être prêts sans cesse à défendre leur pays les armes à la main.

Ils ne peuvent pas compter sur les Puissances de l’Europe pour la raison qu’ils sont socialistes.

C’est une contradiction apparente que le premier pays qui se soit organisé sur la base socialiste dans le monde entier soit un pays où l’activité industrielle n’est pas encore très développée. Toutefois, il faut voir là un résultat de la propagande méthodique qui a réussi à convaincre les paysans.

L’expérience de la Géorgie peut nous être d’une grande utilité.

La Géorgie est un Etat agricole. C’est le pouvoir politique qui a été conquis le premier, et c’est d’en haut qu’il a fallu, par suite, conquérir le pouvoir économique.

En Belgique, au contraire, nous avons d’abord conquis la puissance économique grâce à notre mouvement syndicaliste. Il nous faut donc aller à la conquête du pouvoir politique de bas en haut. Nous eûmes d’abord 28 sièges au Parlement, puis 4, et enfin nous avons sauté à 70. Quand nous serons à 94, nous aurons la majorité ; mais auparavant, nous étranglerons le Sénat (Rires).

Nous devons apprendre la puissance politique des Géorgiens, afin qu’ils apprennent à connaître notre puissance économique.

L’occident doit aider l’Orient, et l’Orient doit aider l’Occident. C’est ainsi qu’on obtiendra la vraie union des forces.

C’est avec l’espoir qu’il en sera ainsi que je suis allé en Géorgie, et c’est avec ce même espoir que parle ici aujourd’hui devant vous.

L’aide réelle désirée ne deviendra une réalité que quand nos marchandises iront là-bas, et que leurs marchandises viendront ici.

C’est ainsi que nous devrons construire une véritable Internationale, non pas en paroles seulement, mais par les faits (Ovation).

Camille Huysmans ( 1868-1968). Homme politique belge, socialiste, élu député d’Anvers en 1910. Secrétaire de la IIème Internationale Socialiste de 1905 à 1921, il lance la Conférence pour la Paix de Stockholm en 1917 pour tenter de renouer les relations entre les pays socialistes des pays belligérants. Dans l’entre-deux-guerres, il sera l’une des figures de la social-démocratie internationale. En 1945, il devient Ministre d’Etat, puis Premier Ministre un an plus tard. Il assumera par la suite diverses autres fonctions gouvernementales et parlementaires.

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