Chronologie 1783 – 1921

Vous trouverez, ci-dessous une chronologie résumée. Si vous souhaitez plus de détails sur certaines périodes, cliquez sur les dates figurant en tête de section.

1783-1860

Du traité d’amitié de 1783 entreIRAKLI II, roi de Kartli et Kakhétie et CATHERINE II de Russie, à l’annexion par la Russie en 1801. Conséquences jusqu’en 1860.

1860-1885

Résurrection de l’idée nationale et espoir de restauration de l’indépendance de la Géorgie.

Ilia TCHAVTCHAVADZE et Pirveli Dasi, Guiorgui TSERETELI et Meore Dasi. Edition du journal « Iveria ». Publication du manuel « Déda éna ».

Reprise par la Russie à la Turquie des territoires d’Ardahan, Artvin et Kars et rattachement des terres géorgiennes, en particulier Batoumi et sa région.

La Géorgie, 1er producteur mondial de manganèse. Achèvement de la transversale ferroviaire Bakou-Tiflis-Batoumi. Le pétrole de Bakou : élément fondamental de la vie économique et sociale de la Transcaucasie.

1885-1896

Tournant du mouvement politique dont les revendications débordent la sphère de reconnaissance culturelle.

Formation des premiers groupes marxistes en Géorgie avec, à leur tête, Noé JORDANIA, Sylvestre DJIBLADZE, Egnaté NINOCHVILI et Nicolas TCHEÏDZE. Jonction entre les cercles marxistes et les travailleurs avec la 1ère grève, celle du dépôt de chemin de fer de Tiflis.

1893, tenue duCongrès fondateur du Parti social-démocrate de Géorgie marquant l’irruption du socialisme marxiste traditionnel en Géorgie. Proclamation du droit à l’indépendance des nations donc du droit à l’indépendance de la Géorgie, ainsi que du droit à la démocratie et au socialisme.

Noé JORDANIA en voyage en Europe. Rencontre avec les socialistes européens. Envois de 1893 à 1897 d’articles  publiés en Géorgie.

1896. Début d’une brutale politique de russification sous l’égide du nouveau Gouverneur Général du Caucase, le Prince GGOLITSYNE.

1897-1904

Début du réveil de la classe ouvrière et de sa mobilisation politique. Effervescence des idées.

Au retour en Géorgie de Noé JORDANIA, décision de donner au mouvement ouvrier un caractère plus large où s’ajoutent à l’aspect économique les aspects social et politique. L’action illégale complète l’action légale.

En 1898, le Parti socialiste se dote d’un journal, « Kvali » (Le Sillon), dont Noé JORDANIA prend la direction. Les campagnes entreprises par « Kvali » joueront un rôle considérable dans l’évolution sociale et politique de la Géorgie.

Sylvestre DJIBLADZE est envoyé en Russie pour prendre contact avec le POSDR, Parti Ouvrier Social-démocrate de Russie, récemment créé (mars 1898)  à Minsk. Une délégation de socialistes russes est à son tour invitée en Géorgie.

1901. Manifestation du 1er Mai  à Tiflis. Les cosaques chargent les manifestants. Nombreux tués et blessés. Les prisons se remplissent des militants sociaux-démocrates, parmi eux Noé JORDANIA, Vlassa MGELADZE, Sylvestre DJIBLADZE….

1902. La situation devenant extrêmement tendue, ses leaders en prison, la Social-démocratie géorgienne décide d’adhérer au POSDR.

Les « vieux » chefs sont rejoints par une génération de militants plus jeunes, Noé RAMICHVILI,Noé KHOMERIKI, Artchil DJAPARIDZE, Irakly TSERETELI

Le parti socialiste dirige les grèves et couvre les campagnes de comités paysans. L’alliance des ouvriers et paysans se réalise et la paysannerie (80 % de la population) devient la force principale de la Social-démocratie géorgienne, comme en témoigne le puissant mouvement paysan de Gourie.

Dans la perspective de l’élection du Comité d’Union de la Transcaucasie (Comité central) tenue de la conférence du parti pour la Transcaucasie à Tiflis, sous la présidence de N. JORDANIA. Celui-ci  est chargé de rédiger le programme du parti à l’échelle du Caucase et de la Russie.

Tenue du 2ème congrès du POSDR (Bruxelles-Londres, 30 juillet-23 août 1903). A ce congrès deux tendances s’affrontent : les Bolcheviks et les Mencheviks. Noé JORDANIA s’oppose à LENINE, leader des bolcheviks.  La scission entre bolcheviks et mencheviks a peu d’impact en Géorgie.

Formation à Genève du Parti des socialistes fédéralistes géorgiens « Sakartvelo ». Fondateurs : Artchil DJORDJADZE et Guiorgui LASKHICHVILI.

Blessé à la suite d’un attentat, G. GOLITSYNE est rappeléen Russie.

1905-1913

Révolution de 1905 : dimanche rouge à Saint-Pétersbourg.

En Géorgie, organisation par le parti social-démocrate de manifestations de solidarité. Situation quasi insurrectionnelle en Gourie. Interdiction de « Kvali ». Edition de « Mogzaouri », de « Tsnobis pourtseli ».

En mars, le Comité d’Union lance un large débat sur les thèses du Congrès de Londres. Lors d’une conférence de trois jours à Batoumi, STALINE, partisan des thèses de LENINE, est mis en minorité par Noé RAMICHVILI, partisan des thèses de JORDANIA. Dans toute la Géorgie les thèses bolcheviques restent minoritaires.

Le socialisme géorgien liant l’ouvrier et le paysan affirme son caractère original.

Arrivée à Tiflis du nouveau vice-roi, le comte VORONTSOV-DACHKOV, un aristocrate libéral.

Acceptation par NICOLAS II du principe d’une Douma (août).

Une milice de défense, « les cents rouges »,  est créée par le parti social-démocrate, à la suite d’une attaque des cosaques. Tous les cantonnements des cosaques à Tiflis sont attaqués et bombardés.

Octobre. NICOLAS II est contraint de signer le Manifeste impérial octroyant au pays les libertés d’opinion et d’association et un parlement élu, la Douma. De WITTE, premier ministre.

Fin 1905, la Géorgie se trouve en pleine insurrection. Proclamation de la « République de Gourie », écrasée dans le sang 6 mois après.

1906. Arrestations, déportations. Le gouvernement tsariste tente de briser les forces de la démocratie en Transcaucasie, en attisant les discordes nationales et les conflits religieux.

Publication par le Parti social-démocrate d’un quotidien légal, « Skhivi » (Rayon).

Elections de la 1ère Douma de l’empire russe. Les trois représentants de la Géorgie sont tous sociaux-démocrates : le chef du Parti – Noé JORDANIA, Isidore RAMICHVILI et Nicolas TCHEIDZE.

IVe Congrès d’unification du POSDR à Stockholm. La Social-démocratie géorgienne s’oppose aux thèses des « bolcheviks », conjointement aux « mencheviks » russes. Lénine mis en minorité. PLEKHANOV déclare au nom du Congrès : « L’autodétermination signifie le droit de la nation de créer son propre état ».

Les bolcheviks pratiquement éliminés du paysage politique géorgien.

Mai, réunion de la 1ère Douma. Dissolution. « Manifeste de Viborg » rédigé par Noé JORDANIA et Pavel MILIOUKOV.

1907. Les sept candidats de la Social-démocratie géorgienne sont élus à la 2ème Douma. Irakly TSERETELI prend la tête du groupe social-démocrate de la Douma.

Congrès de Londres (Ve congrès du POSDR). La Géorgie est représentée par 29 délégués. Les bolcheviks reprennent la majorité ; introduction du centralisme démocratique. Noé JORDANIA est néanmoins élu membre du comité central.

Ultimatum à la Douma : retirer l’immunité parlementaire des députés sociaux-démocrates pour permettre de les arrêter et les juger. Refus. Dissolution de la Douma. Arrestation et déportation des députés sociaux-démocrates.

Signature de la Triple Entente.

Assassinat d’Ilia TCHAVTCHAVADZE.

La social-démocratie géorgienne parvient à faire élire ses candidats à la troisième Douma, dite « Douma des seigneurs ».

1908. Réunion plénière du Comité central du POSDR à Paris. N. JORDANIA, membre du comité central, y participe. Le POSDR, divisé entre bolcheviks «expropriateurs» et mencheviks «liquidateurs», au bord de la décomposition.

La social-démocratie géorgienne poursuit son chemin original.

1911. Rupture entre PLEKHANOV et LENINE.

1912. Conférence de Prague. Les bolcheviks excluent les mencheviks, inaugurant ainsi officiellement une existence autonome ; entrée de STALINE (Joseph Djougachvili) au comité central.

Le député social-démocrate géorgien Akaki TCHENKELI réclame la « création d’institutions pour le libre développement de chaque nationalité ».

4ème DOUMA. Lois nouvelles et répressions provoquent la diminution du nombre total de députés sociaux-démocrates. Les ouvriers russes portent massivement leurs suffrages sur les candidats bolcheviques, contrairement à ce qui se produit en Géorgie où les candidats sociaux-démocrates sont élus.

1913. Tricentenaire du règne des ROMANOV.

1914-1917

28 juin 1914, assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie. Juillet-août, déclarations de guerre.

Novembre, la Russie déclare la guerre à la Turquie, alliée de l’Allemagne. Le Caucase devient un enjeu important.

1916. Lors du IIIème Congrès de l’Union des Nationalités à Lausanne, Irakly TSERETELI présente un rapport sur les « droits du peuple géorgien ».

1917. Janvier. Situation alimentaire catastrophique en Géorgie. Tenue à Lantchkhouti d’une conférence du parti social-démocrate réunissant les seules organisations géorgiennes. Accord sur un point de stratégie essentiel : la déclaration de l’indépendance de la Géorgie si des circonstances favorables se créent.

Révolution de février. Grèves, manifestations, mutineries. Mise en place d’un double pouvoir : le comité provisoire de la Douma, le soviet des députés ouvriers de Petrograd présidé par un géorgien, d’abord Nicolas TCHEIDZE puis Irakly TSERETELI.

Mars. Tiflis apprend la chute du régime. Le Conseil (Soviet) révolutionnaire des ouvriers et des soldats de Tiflis élit Noé JORDANIA comme président.

Noé Jordania et le conseil (soviet) de Tbilissi 1917

Création de l’Ozakom, Comité Spécial de Transcaucasie.

« Journées de juillet » à Petrograd. Violentes manifestations d’ouvriers, de soldats et des marins de Kronstadt contre le gouvernement et le soviet. Formation du troisième Gouvernement provisoire dirigé par KERENSKI.

21 août, le Bureau d’information inter-partis, créé par les principaux partis géorgiens, rebaptisé « Comité National Inter-partis ».

Septembre. Proclamation de la République de Russie.

Révolution d’octobre.

Novembre. Le 11, Dissolution du Comité Spécial de Transcaucasie à l’initiative des conseils révolutionnaires transcaucasiens qui ne reconnaissent pas le coup d’Etat bolchevique. Création du Commissariat de Transcaucasie, présidé par Evgueni GUEGUETCHKORI. Outre ce pouvoir central, création de Conseils Nationaux par les Géorgiens, Arméniens et Azerbaïdjanais.

Le 22. Convocation du Congrès National de Géorgie (329 délégués).

Dans son adresse au Congrès, N. JORDANIA réclame un Conseil National géorgien capable de faire ses propres lois, une armée géorgienne et une milice, une administration nationale, ainsi que la nationalisation des systèmes judiciaire et éducatif.

N. JORDANIA devient Président du Conseil National.

Le Conseil National Géorgien s’occupa d’abord de la création d’une force armée nationale, mais ne put opposer d’emblée sa propre force de défense aux forces ennemies. D’où l’appel au peuple pour défendre la patrie et la prise de l’arsenal de Tiflis (12 décembre) par les ouvriers sociaux-démocrates pour s’armer. D’autres unités sont organisées dans toute la Géorgie. Ces colonnes armées sont baptisées « Garde Populaire ».

Anarchie et guerre civile dévastent la Russie. Création de la Tcheka.

Elections de l’Assemblée Constituante Panrusse où la Social-démocratie géorgienne remporte 72 % des voix.

Armistice de Brest-Litovsk (15 décembre).

1918 (janvier – mai)

 Rappel : Le 1er mai 1918 (18 avril selon le calendrier Julien), le calendrier grégorien est introduit en Transcaucasie.   En 1918, Tiflis devient Tbilissi, dénomination utilisée jusque-là  que par les Géorgiens.

Janvier. Réunion et dissolution le même jour de l’Assemblée constituante de Russie, élue deux mois auparavant. Décision immédiate des députés Géorgiens, Arméniens, Azerbaïdjanais de constituer une Assemblée dotée de fonctions législatives : la Diète de Transcaucasie, présidée par Nicolas TCHEIDZE.

Fondation de l’université de Tbilissi.

Reflux du front caucasien des troupes russes : dans le but d’éviter pillages et exactions, la Garde Populaire, dirigée par le Parti Social-démocrate de Géorgie, assure l’ordre lors de la traversée de la Géorgie vers la Russie des 500 000 soldats.

Mars. Signature du traité de Brest-Litovsk. La Russie soviétique perd la Pologne, la Finlande, l’Ukraine, les pays baltes, et cède Kars, Ardahan et Batoumi à l’Empire ottoman. Protestation de la Transcaucasie.

(12) inauguration de  la première Conférence de la Paix entre la Transcaucasie et la Turquie à Trébizonde.

Allégeance à Moscou du Commissariat soviétique de Bakou.

Les Turcs occupent Ardahan et se retrouvent aux portes de Batoum et de Kars.

Avril. La Diète de Transcaucasie proclame l’état de siège. Les jeunes troupes du Caucase s’avèrent trop faibles pour résister aux envahisseurs. L’armée turque s’empare de la forteresse de Batoumi.

La Turquie exige de négocier avec un  état.

(22) Proclamation de la République Démocratique Fédérative de Transcaucasie.

Reconnaissance par la Turquie du nouveau gouvernement présidé par Akaki TCHENKELI ; reprise des pourparlers. Réactions hostiles en Russie des KD, des réactionnaires, des bolcheviks  et, en Transcaucasie, du corps des fonctionnaires et officiers « russifiés ».

Mai. Ouverture de la 2ème Conférence de la Paix à Batoumi, en présence de la délégation Allemande. Les revendications turques dépassent les concessions territoriales du traité de Brest-Litovsk, remises en cause par la Transcaucasie. La Turquie réclame notamment la cession des provinces géorgiennes de Meskhétie et Djavakhétie, le tiers du territoire arménien et le contrôle de la politique intérieure de la Transcaucasie.

L’armée ottomane s’empare du chemin de fer d’Alexandropol à Djoulfa (12), et adresse un ultimatum réclamant la reddition d’Alexandropol (15).

Le 19, le général VON LOSSOV propose à la délégation transcaucasienne « ses bons offices pour faciliter l’entente entre la République transcaucasienne et la Turquie ». Proposition acceptée par la délégation, et refusée par la Turquie.

Divisions au sein de la République Fédérative de Transcaucasie :

  • les députés azerbaïdjanais jouent la carte des Turcs
  • les députés arméniens  celle des bolcheviks russes.

26 mai. Devant l’ultimatum turc, la Diète « constate l’effondrement de la Transcaucasie  et se démet de ses fonctions ». Réunion immédiate du Conseil National de Géorgie dans la salle des séances de la Diète. Présenté par le président du Conseil National, Noé JORDANIA, l’Acte d’Indépendance de la Géorgie  est adopté à l’unanimité. Deux jours plus tard, l’Arménie et l’Azerbaïdjan agiront de même.

1918 – 1921

La Géorgie Indépendante

1918

L’acte d’indépendance du 26 mai consacre la République démocratique de Géorgie qui garantit les droits civils et politiques à tous les citoyens habitant son territoire, sans distinction de sexe, de nationalité, de religion ni de rang social.

Jusqu’à la convocation de l’Assemblée Constituante, le pouvoir reste au Conseil National complété par les représentants des minorités nationales, et au Gouvernement Provisoire responsable devant ce Conseil.

C’est ainsi que le Conseil National géorgien devint le premier Parlement de la République. La social-démocratie y détenait la majorité absolue. La tâche principale du Parlement fut de préparer la convocation de l’Assemblée Constituante, mais aussi des réformes et de la défense de l’Etat.

Noé RAMICHVILI fut chargé par le Parti social-démocrate (majoritaire) de constituer le premier gouvernement de la Géorgie indépendante ; gouvernement de coalition, à l’exclusion des communistes.

La proclamation de son indépendance ouvrait à la Géorgie la voie pour arrêter l’invasion turque.

L’ultimatum turc, qui exigeait la cession immédiate de tous les chemins de fer de Transcaucasie, arrivant à expiration le 29 mai, le gouvernement géorgien signe dès le 28 avec le général VON LOSSOV la Convention de Poti (jamais ratifiée par le Parlement de Géorgie) accordant aux Allemands le droit de surveillance des chemins de fer de Géorgie, sans toutefois pouvoir s’immiscer dans les affaires intérieures du pays.

4 juin, signature du Traité de Batoumi avec la Turquie.

L’Allemagne tint ses engagements et n’abusa pas de sa position vis-à-vis de la jeune république. Les soldats allemands et géorgiens prirent possession des chemins de fer dans certaines régions sensibles et s’opposèrent à l’avancée des Turcs qui arrêtent leurs opérations militaires contre la Géorgie.

Fin juin, mettant fin à la bicéphalie de fait du pouvoir exécutif, Noé JORDANIA est appelé à la présidence du gouvernement. Noé RAMICHVILI prend en charge les ministères de l’Intérieur, de la Guerre et de l’Education Nationale.

Au cours de l’été, les jeunes forces armées (armée et Garde Populaire) géorgiennes se battent sur plusieurs fronts : contre les Turcs, les insurgés ossètes pro-bolchéviques, les troupes blanches, les troupes bolchéviques.

Juillet. Exécution du tsar.

Octobre. Signature par la Turquie de l’armistice de Moudros.

Novembre. Début de la débâcle de l’armée allemande. Le 11, victoire des alliés.

Décembre. Les troupes allemandes quittent la Géorgie et sont remplacées par les troupes britanniques.

Conflit frontalier avec l’Arménie.

1919

25 janvier, Session plénière de la Conférence de la Paix à Paris.

28 janvier, Adoption par l’Assemblée de Géorgie de la Réforme Agraire.

Février. Elections à l’Assemblée Constituante de Géorgie par les citoyens et citoyennes de la République ayant vingt ans révolus, sans distinction de nationalité ni de confession, et sans restrictions censitaires.

Répartition des sièges

Social-démocrates…………………….109

National-démocrates…………………   8

Socialistes-fédéralistes……………….  8

Socialistes-révolutionnaires………      5

Mars. L’Assemblée Constituante de Géorgie présidée par Nicolas (Carlo) TCHEÏDZE, membre du Parti Social-démocrate, ratifie la déclaration d’indépendance du 26 mai 1918.

Elle confie à une commission l’élaboration du projet de Constitution pour fixer la forme juridique du système existant de fait dans les institutions et la pratique constitutionnelle. La souveraineté appartient à la nation entière. L’organe représentatif de la République Géorgienne est le Parlement de Géorgie. Le chef de l’Etat, représentant suprême de la République, est le Président du Gouvernement.

Formation d’un gouvernement social-démocrate. Président du gouvernement : Noé JORDANIA.

L’Etat occupe une place prépondérante dans l’industrie et les transports. Le secteur coopératif joue un rôle important en milieu urbain.

Les troupes géorgiennes repoussent les troupes blanches de DENIKINE, les troupes turques prennent Ardahan,

Ouverture à Tbilissi de la Conférence des Républiques Transcaucasiennes.

Manœuvres du gouvernement anglais en faveur des troupes de DENIKINE.

Juin. Accord de défense mutuelle entre les républiques de Géorgie et d’Azerbaïdjan.

Signature de la Paix à Versailles. Le pacte de la Société des Nations (S.D.N.) est incorporé au texte du Traité, sous forme de préambule.

Envoi par la Géorgie d’une délégation spéciale présidée par Nicolas (Carlo) TCHEÏDZE, avec pour mission d’obtenir la reconnaissance juridique du nouvel Etat.

Juillet. L’Assemblée des représentants de la Géorgie musulmane demande le rattachement du district de Batoumi à « la Mère Patrie », la Géorgie.

Septembre. Mise en place, sous contrôle des troupes anglaises, d’une gestion commune arméno-géorgienne de la zone de Bortchalo.

Octobre-novembre. Les bolcheviques organisent troubles, manifestations et démonstrations armées. Noé RAMICHVILI intervient rapidement avec l’armée et la Garde Nationale.

1920 

Entrée en application de la S.D.N. Le 11 janvier, la Géorgie est reconnue de facto par la France, la Grande-Bretagne et l’Italie.

Décision du Conseil Suprême de l’Entente de transformer Batoumi en port franc. Meetings, réunions publiques, articles de presse autour de la question du retour, à la Géorgie, de Batoumi (occupée par les troupes anglaises).

Mars. Le président de l’assemblée de la Géorgie musulmane, M. M. ABACHIDZE remet un mémorandum, souhaitant le retour de Batoumi et sa région à la République de Géorgie, à M. Oliver WARDROP, haut-commissaire de Grande Bretagne.

Tenue d’une conférence des républiques Transcaucasiennes.

Avril. Le Comte de MARTEL, haut-commissaire de la France arrive en Géorgie. Une délégation militaire géorgienne est reçue en France.

Création d’un Bureau caucasien du P.C.R (kavbjuro).

L’Azerbaïdjan est soviétisé.

Mai.  Dans la nuit du 3 au 4, tentative déjouée de l’invasion de la Géorgie par les cavaliers de l’Armée rouge au Pont Rouge situé à la frontière entre la Géorgie et l’Azerbaïdjan.

Le 7. La République Démocratique de Géorgie et la République Socialiste Fédérative Soviétique Russe  concluent un traité  où la Russie reconnaît l’indépendance et la souveraineté de l’Etat géorgien et s’engage à renoncer à toute intervention dans ses affaires intérieures.

Juillet. Retour à la Géorgie du district de Batoumi. Départ des troupes anglaises de Géorgie.

Août.

Semaine de l’aviation, destinée à recueillir des fonds pour la création d’une aviation militaire. Mise en service des appareils télégraphiques et téléphoniques fabriqués par l’administration des postes de Géorgie.

Septembre. Visite de la délégation de l‘Internationale Socialiste en Géorgie.

Novembre. La Géorgie réitère sa demande d’admission à la  SDN. Campagnes de presse dans les pays européens, appuyées notamment par les membres de L’internationale socialiste.

L’armée rouge au secours de l’Arménie (attaquée par les troupes turques), pour prix de sa soviétisation.

Décembre. A la SDN,  Géorgie ne recueille pas le nombre de voix nécessaires à son admission.

1921

Le 27 janvier, l’indépendance de la Géorgie est reconnue de jure par le Conseil Suprême de l’Entente (Angleterre, France, Italie, Japon, Belgique), par l’Allemagne, la Turquie et l’Argentine, puis par la Pologne, la Roumanie, l’Autriche, le Mexique, etc. Lettre d’Aristide Briand à Evguéni Gueguétchkori.

Une légation est ouverte à Paris.

Dans la nuit du 11 février, sans aucun préliminaire diplomatique, ni avertissement, ni déclaration de guerre, des détachements de la XIème armée soviétique se trouvant en Arménie (déjà occupée par les soviétiques), envahissent la Géorgie. D’autres fronts s’ouvrent deux jours après. C’est ainsi qu’en violation du traité de 1920, la Russie soviétique se jeta contre la Géorgie avec trois armées, et l’attaqua de cinq côtés différents à la fois.

21 février. Vote par l’Assemblée Constituante du texte définitif de la Constitution.

23 février. La Turquie, à qui la Russie soviétique a promis les deux provinces géorgiennes d’Artvin et Ardahan, déclare aussi la guerre à la Géorgie.

25 février. Tbilissi tombe. Le gouvernement, l’armée et la Garde nationale se replient vers Batoumi.

Le même jour, le Ministre plénipotentiaire A. Tchenkeli est reçu en audience solennelle par le président français Millerand et  la Légation de Géorgie est ouverte à Paris. Elle sera en fonction jusqu’en juillet 1933.

16 mars. Signature d’un traité commercial soviéto-britannique incluant une clause de non intervention.

17 mars. L’Assemblée, réunie à Batoumi sous les bombardements, demande au gouvernement de s’exiler pour continuer le combat.

Le gouvernement géorgien, refusant la capitulation, accepte la proposition d’asile politique de la France.

18 mars, le Gouvernement National, investi de la pleine confiance de l’Assemblée Constituante, quitte la Géorgie  pour défendre sa cause dans le monde civilisé.

19 mars, les troupes géorgiennes sous le commandement du Général MAZNIACHVILI écrasent les troupes turques qui attaquent Batoumi. Cet exploit ultime des troupes de la 1ère République permet la conservation de Batoumi et sa région au sein de la Géorgie.

Les combats auront duré 6 semaines.

Les années d’exil et de combat

1921 – 1954

Rappel :

Le gouvernement national présidé par N. JORDANIA continuera son combat pour l’indépendance de la Géorgie tant sur le territoire national qu’à l’étranger.

  • Sur le territoire national : ainsi, en Géorgie la résistance politique s’organise très rapidement sur tous les terrains (manif, grèves, pétitions….) sous la direction du parti social-démocrate géorgien qui continue à encadrer des dizaines de milliers de militants et à les assister dans leurs luttes.

Le 10 avril 1921 : Avec l’autorisation des troupes d’occupation, le Comité Central du parti Social-démocrate de Géorgie organise une réunion publique : 3.000 personnes y participent. Le parti social-démocrate publie une motion où il déclare :

1 – Notre ligne politique, dans son ensemble, reste dans les conditions nouvelles, la même que précédemment : Vers le Socialisme par la Démocratie,

2 – Pour le parti social‑démocrate, l’indépendance de la Géorgie demeure toujours l’une des bases de son action, et celle-ci tendra, comme avant, à l’affermissement de cette indépendance,

3 – Vu les conditions anormales et compliquées dans lesquelles se trouve la Géorgie nous souhaitons que l’Internationale Ouvrière intervienne amicalement dans les rapports intérieurs au sein de la classe ouvrière de Géorgie. Nous voudrions que les deux courants du mouvement ouvrier de l’Europe ‑ socialiste et communiste ‑ forment une commission mixte sous le contrôle de laquelle aurait lieu, en Géorgie, un vote libre qui traduirait la volonté des travailleurs du pays.

Mais en mai 1921, les troupes d’occupation arrêtaient plus de 2.000 militants du parti Social-démocrate, cela marquait début des arrestations et de la répression destinée à abolir le souvenir même de la 1ère République, emblématique de la Géorgie indépendante et démocratique.

  • Hors de Géorgie, l’action du Gouvernement National en exil fera entendre la voix de la Géorgie libre dénonçant inlassablement son annexion par la Russie soviétique, au mépris du droit international. Ce travail permanent auprès des gouvernements du monde libre, des instances internationales, des partis socialistes européens, des syndicats, les nombreux ouvrages et articles consacrés à la question géorgienne permettront à la voix de la Géorgie libre de s’incarner et d’opposer à la propagande mensongère de Moscou une  version conforme à la vérité historique.

Pour plus d’informations consultez la Chronologie de 1921 – 1954


1918 – 1921 La Géorgie Indépendante

L’acte du 26 mai consacre la République démocratique de Géorgie qui garantit les droits civils et politiques à tous les citoyens habitant son territoire, sans distinction de sexe, de nationalité, de religion et de rang social.

Jusqu’à la convocation de l’Assemblée Constituante, le pouvoir resta au Conseil National complété par les représentants des minorités nationales, et au Gouvernement Provisoire responsable devant ce Conseil.

C’est ainsi que le Conseil National géorgien devint le premier Parlement de la République. Ne comprenant au début que des représentants des partis géorgiens, il s’adjoignit bientôt des représentants des minorités nationales (10 Arméniens, 4 Tatars, 3 Abkhazes, 2 Russes, 2 Ossètes…).

Dans ce premier parlement de Géorgie, la social-démocratie détenait la majorité absolue. Sa tâche principale fut de préparer la convocation de l’Assemblée Constituante, mais aussi de s’occuper de la réforme agraire, des réformes financières, de l’organisation de la défense de l’Etat.

Noé RAMICHVILI fut chargé de constituer le premier gouvernement de la de la Géorgie indépendante. Ce fut un gouvernement de coalition, à l’exception des communistes :

  • Noé RAMICHVILI (Social-démocrate), Président du gouvernement et ministre de l’Intérieur
  • Akaki TCHENKELI (Social-démocrate), Ministre des Affaires Etrangères
  • Grigol GUIORGADZE (Social-démocrate), Ministre de la Guerre
  • Guiorgui JOUROULI (National démocrate), Ministre des Finances, du Commerce et de l’Industrie
  • Guiorgui LASKHICHVILI (Socialiste fédéraliste), Ministre de l’Education Nationale
  • Noé KHOMERIKI  (Social-démocrate), Ministre du Travail et de l’Agriculture,
  • Chalva MESKHICHVILI (Socialiste fédéraliste), Ministre de la Justice
  • Ivané LORDKIPANIDZE (National démocrate), Ministre des Communications et des Chemins de Fer

La proclamation de son indépendance ouvrait à la Géorgie un chemin pour arrêter l’invasion turque. Au cours des négociations de Batoumi, le représentant de l’Allemagne avait déclaré à la délégation géorgienne que l’Allemagne serait prête à garantir la Géorgie contre l’agression turque, à la condition qu’elle consentit à laisser pénétrer sur son territoire les troupes allemandes.

L’ultimatum turque, qui exigeait la cession immédiate de tous les chemins de fer de Transcaucasie, arrivant à expiration le 29 mai, le gouvernement géorgien signa dès le 28 avec le général VON LOSSOV, représentant de l’Allemagne, la Convention de Poti (jamais ratifiée par le Parlement de Géorgie) accordant aux Allemands le droit de surveillance des chemins de fer de Géorgie, sans toutefois pouvoir s’immiscer dans les affaires intérieures du pays.

Le 4 juin, intervint la signature du Traité de Batoumi avec la Turquie.

Les premiers pas de la République de Géorgie se trouvaient entravés par ces deux obligations dont le côté avantageux pour la Géorgie était qu’elles se contredisaient et s’excluaient mutuellement.

L’Allemagne tint ses engagements et n’abusa pas de sa position vis-à-vis de la jeune république. Celle-ci, résolue à défendre son indépendance et sa neutralité, déclina la proposition d’alliance avec l’empire germanique formulée par la suite. Les soldats allemands et géorgiens prirent possession des chemins de fer dans certaines régions sensibles et s’opposèrent à l’avancée des Turcs qui arrêtèrent leurs opérations militaires contre la Géorgie. L’armée allemande séjourna en Géorgie six mois environ (juin-décembre).

Fin juin, Noé JORDANIA fut appelé à la présidence du gouvernement, et Noé RAMICHVILI prit en charge les ministères de l’Intérieur, de la Guerre et de l’Education Nationale.

Jusqu’alors la Garde Populaire, organisation politico-militaire intervenant sur le champ de bataille, n’était pas soumise au Ministère de la Guerre et ne reconnaissait d’autre pouvoir que celui du Président de l’Etat Major principal de la Garde tout comme du Conseil ouvrier, en la personne de N. JORDANIA. Elle ne reconnut le pouvoir du chef de gouvernement que lorsque ce pouvoir fut confié à N. JORDANIA.

Les forces armées géorgiennes se composaient désormais de l’armée recrutée par voie de service obligatoire et de la Garde Populaire, formée de volontaires, ouvriers et paysans. Au cours de l’été, ces jeunes forces armées furent obligées de se battre sur plusieurs fronts :

  • contre les Turcs dans les districts de Bortchalo, de Borjomi, d’Alkhaltsikhé et d’Alkhalkalaki,
  • contre les insurgés pro-bolcheviques ossètes,
  • contre les troupes russes blanches de Denikine qui n’acceptent pas l’indépendance de la Géorgie,
  • contre les troupes bolcheviques au col de Darial et sur le littoral de la Mer Noire en Abkhazie.

Juillet. Exécution du tsar.

Octobre. Blocus de la Russie par les pays de l’Entente qui envoient des troupes combattre l’Armée rouge aux côtés des armées blanches contre-révolutionnaires ; guerre civile en Russie. Le 30, la Turquie signe l’armistice à Moudros avec les alliés.

Novembre. Début de la débâcle de l’armée allemande. Le 3, L’Autriche-Hongrie signe l’armistice à Villa-Giusti. Le 8, le pouvoir bolchevique dénonce le traité de Brest-Litovsk. Le  9, abdication de Guillaume II.

Le 11 Novembre, victoire des alliés.

Mémoire soumit par le Prince Soumbatoff, représentant diplomatique en Suisse de la République de Géorgie, aux représentants des Puissances Alliées à Berne. Ce Mémoire a pour objet  la reconnaissance de l’indépendance de la Géorgie par l’Entente.

Décembre. Les troupes allemandes quittent la Géorgie. Elles sont remplacées par les troupes britanniques.

Conflit frontalier avec l’Arménie dans la région de Lori.

1919

18 janvier : la Conférence de la Paix de Paris  s’ouvre à Versailles.

25 janvier,  dans sa session plénière, la Conférence de la Paix réunit l’ensemble des puissances victorieuses.

La République de Géorgie y envoya  une délégation spéciale placée  sous la présidence de Nicolas (Carlo) Tchéidzé, dont Irakli Tsérétéli fait partie. Sa mission ? Obtenir la reconnaissance juridique du nouvel Etat. La délégation travailla pendant deux ans dans les différents centres de l’Europe et, surtout, à la Conférence de Paris.

28 janvier, l’Assemblée de Géorgie adopte la Réforme Agraire présentée au nom du parti Social-démocrate de Géorgie par Noé KHOMERIKI, ministre de l’Agriculture. Cette réforme permet une redistribution équitable à la paysannerie géorgienne.

« Notre socialisme revêtit un caractère spécifiquement géorgien sur la question agraire. Les paysans reçurent au titre de propriété privée les terres labourables confisquées, ce à quoi la doctrine socialiste s’opposait. C’était notre position depuis le début, depuis la création du parti, comme expliqué ci-dessus. A nos arguments économiques antérieurs s’ajoutaient maintenant des arguments à caractère national. Notre idée directrice était que la grande majorité de la population géorgienne, c’est à dire les paysans, devait prendre conscience que la Géorgie indépendante leur apportait la terre, leur donnait de nouveaux moyens d’existence. Ainsi chez nous, la réforme agraire devint sans conteste la réforme nationale. » Noé JORDANIA « Mon Passé »

Les travailleurs agricoles et les paysans propriétaires représentaient 80% de la population géorgienne. Le reste des classes sociales, artisans et ouvriers, 20%. La bourgeoisie était quasi inexistante. Les chemins de fer employaient 15.000 ouvriers, les mines de charbon de Tkivibouli et de Tkartcheli, 4.000 mineurs, les mines de manganèse de Tchiatoura, 2.000 mineurs.

Pierre RENAUDEL, proche de Jean JAURES, dirigeant national de la SFIO, député, dirigeant de l’Humanité pendant la première guerre mondiale, signa la préface  de la Réforme Agraire, édition française.

Février. Elections à l’Assemblée Constituante de Géorgie.

15 listes de candidats se trouvant en présence, on pouvait craindre l’émiettement des voix. Il n’en fut rien, l’immense majorité des électeurs accorda ses voix aux candidats sociaux-démocrates qui obtiennent109 des 130 sièges.

Les électeurs sont tous les citoyens et citoyennes de la République ayant vingt ans révolus, sans distinction de nationalité ni de confession, et sans restrictions censitaires. Les scrutins ont lieu au scrutin de liste, un jour férié, dans des conditions assurant à l’électeur le secret de vote le plus absolu. Les résultats du scrutin sont calculés en considérant tout le pays comme une seule circonscription, el les 130 sièges de l’Assemblée Constituante sont répartis entre les groupes ayant présenté des listes de candidats, proportionnellement au nombre de voix recueillies par chaque liste.

Répartition des sièges à l’Assemblée Constituante :

Social-démocrates…………………….109

National-démocrates…………………   8

Socialistes-fédéralistes……………….   8

Socialistes-révolutionnaires………    5

Les résultats globaux donnèrent les résultats suivants : Social-démocrates : 408.541 voix ; Socialistes-fédéralistes : 33.630 ; National-démocrates : 30.128 ; Socialistes-révolutionnaires : 21.453 ; Radicaux : 3.107 ; Dachnakstakans : 2.353. Le s autres listes obtinrent chacune moins de 2.000 voix.

A noter, l’élection de Arzakan EMOUKHVARI (1880-1939), enterré en exil au Cimetière de Leuville sous la mention : « Membre de la Constituante de Géorgie, Président du gouvernement autonome d’Abkhasie ».

L’Assemblée Constituante de Géorgie se réunit le 12 mars. Nicolas (Carlo) TCHEÏDZE, membre du Parti Social-démocrate, fut élu à la Présidence de l’Assemblée. L’Assemblée ratifia la déclaration d’indépendance du 26 mai 1918.

La Géorgie s’est dotée des structures d’une démocratie de type occidentale. En effet « A la même séance, l’Assemblée nationale a confiée à une commission le soin d’élaborer le projet de la Constitution de la République, donnant une forme juridique à l’organisation politique qui existait déjà, de fait, dans les institutions et la pratique constitutionnelle suivie en Géorgie. » Publication, Paris février 1922

D’après la Constitution élaborée par l’Assemblée « La souveraineté appartient à la nation entière. Le Parlement exerce cette souveraineté dans les limites fixées par la Constitution. » Article 52, et « L’organe représentatif de la République Géorgienne est le Parlement de Géorgie, composé des députés élus au suffrage universel, égal, direct, secret et proportionnel. » Article 46

Le chef de l’Etat est le Président du Gouvernement. « Le Président du Gouvernement élu par le Parlement est le représentant suprême de la République. Il nomme les ministres et représentants de la Géorgie auprès des Puissances étrangères et c’est auprès de lui que sont accrédités les représentants de ces Puissances. En l’absence d’une décision du Gouvernement, qui se trouverait empêché, le Président peut, à titre exceptionnel, recourir à la force armée de la République, mais il en informe immédiatement le Parlement. Les ordonnances d’exécution des lois et les règlements y relatifs émanent du Président du Gouvernement, lequel n’a toutefois pas le droit d’arrêter l’action de la loi ou d’en entraver l’exécution. » Article 70

Un gouvernement de coalition fut proposé par la majorité sociale-démocrate aux autres partis. Devant leur refus, un gouvernement homogène, composé exclusivement de membres du Parti Social-démocrate, est formé.

  • Noé JORDANIA, Président du gouvernement
  • Noé RAMICHVILI, Ministre de l’Intérieur, de l’Instruction Publique et de la Guerre
  • Evguéni GUEGUETCHKORI, Ministre des Affaires Etrangères et de la Justice
  • Noé KHOMERIKI,  Ministre de la Réforme agraire, du Travail et des Voies de communication
  • Constantin KANDELAKI, Ministre des Finances, du Commerce et de l’Industrie
  • Irakli TSERETELI, Représentant plénipotentiaire du gouvernement
  • Akaki TCHENKELI, Représentant plénipotentiaire du gouvernement en Europe

Noé JORDANIA s’entourera de conseillers personnels : Niko NIKOLADZE (National-démocrate), Ivané ZOURABICHVILI (National-démocrate), Guiorgui LASKHICHVILI (Social-fédéraliste), Guiorgui GVAZAVA (National-démocrate), Guiorgui JOUROULI (National-démocrate)

Avril. 1er congrès des syndicats.

L’Etat occupe une place prépondérante dans l’industrie et les transports. Le secteur coopératif joue un rôle important en milieu urbain.

17. Les troupes géorgiennes avancent jusqu’à la rivière Mekhadyr (Abkhazie), après avoir repoussé l’attaque des troupes blanches de DENIKINE, qui cherchent à envahir la Géorgie.

18. Les troupes géorgiennes repoussent l’avance des troupes turques. 20. Elles s’emparent de la ville d’Ardahan, occupée par les Turcs.

27. A Tbilissi, ouverture de la Conférence des Républiques Transcaucasiennes. E. GUEGUETCHKORI représente la Géorgie, TIGRANIAN, l’Arménie, KHAN-KHOÏSKY, l’Azerbaïdjan. La délégation de la République des Montagnards n’est pas présente à la première conférence.

Mai. Le gouvernement anglais, soutenant les troupes de DENIKINE, cherche à faire pression sur le gouvernement géorgien pour qu’il appuie les troupes des russes blancs.

16. Arrivée à Tbilissi d’une Mission Militaire italienne.

26. Défilés et manifestations commémorant la Fête Nationale.

Juin. Le 16. Un accord de défense mutuelle est signé entre les républiques de Géorgie et d’Azerbaïdjan. La délégation géorgienne est composée du Ministre des Affaires Etrangères, E. GUEGUETCHKORI, du Ministre de la Guerre, N. RAMICHVILI, de son aide de camp, le Général GUEDEVANOF et d’un membre du Conseil Supérieur de la Guerre, le Général ODICHELIDZE.

Mi juin : les troupes de DENIKINE occupent les grandes villes de la République des Montagnards du Caucase. Les Montagnards organisent la résistance dans les montagnes et la campagne.

22. Le bimensuel « La Géorgie indépendante », édité en français, devient hebdomadaire.

28. Signature de la Paix à Versailles entre l’Allemagne et les puissances alliées. Le pacte de la Société des Nations (S.D.N.) est incorporé au texte du Traité de paix sous forme de préambule. Le traité avait été préparé par la Conférence de la Paix (Paris, 18 janvier 1919 – 10 août 1920) qui élabora aussi les quatre traités secondaires : avec l’Autriche (Traité de Saint-Germain-en-Laye), la Hongrie (Traité du Trianon), la Bulgarie (Traité de Neuilly) et la Turquie (Traité de Sèvres). Ces traités modifient profondément la carte de l’Europe. Par ailleurs, la Turquie est limitée à Constantinople et à l’Asie Mineure.

Fin juin. Une compagnie italienne exploite les richesses forestières de la Géorgie. Une banque anglaise s’installe en Géorgie.

Les sociétés coopératives géorgiennes organisent leur Banque Coopérative.

Août. (Début), Le gouvernement français accuse le gouvernement géorgien de ralentir l’aide apportée à l’Arménie. Le gouvernement géorgien répond à cette attaque infondée.

Le 31. L’Assemblée des représentants de la Géorgie musulmane à Batoumi élit Mamed-Beg ABACHIDZE comme président et demande le rattachement du district de Batoumi à « la Mère Patrie » la Géorgie.

Septembre, une gestion commune arméno-géorgienne de la zone de Bortchalo, est mise en place sous le contrôle des troupes anglaises. Le 13, attentats bolcheviques contre des généraux géorgiens.

2 octobre, le général HARBORD, chef d’état-major des Etats-Unis est en visite en Géorgie.

Octobre et novembre, les bolcheviques organisent troubles, manifestations et démonstrations armées. Noé RAMICHVILI intervient rapidement avec l’armée et la Garde Nationale.

1920

Le 10 janvier, la S.D.N. entre en application, après la ratification du traité de Versailles par l’Allemagne et trois des principaux associés. Le 11, la Géorgie est reconnue de facto par la France, la Grande-Bretagne et l’Italie.

16 janvier. C’est à Paris qu’a lieu,  sur convocation du président Wilson, la première réunion du Conseil de la Société des Nations.

Dès février, après la décision du Conseil Suprême de l’Entente de transformer Batoumi en port franc, meetings, réunions publiques, articles de presse relancent le débat du retour à la République de Géorgie de la ville de Batoumi, occupée par les troupes anglaises.

Mars. Multiples provocations de l’armée des volontaires (troupes des russes blancs de Denikine) stationnée à Batoumi, qui exprime son opposition au retour de cette région à la République de Géorgie.

Le président de l’assemblée de la Géorgie musulmane,  M. ABACHIDZE remet un mémorandum, souhaitant le retour de Batoumi et sa région à la République de Géorgie, à  Oliver WARDROP, Haut-Commissaire de Grande Bretagne.

Tenue d’une conférence des républiques Transcaucasiennes. Le gouvernement géorgien essaie d’atténuer les divergences entre les délégations arménienne et azérie pendant que, sur le terrain, les combats entre les forces armées de ces deux républiques s’intensifient.

8. Première séance de Tribunal avec jury populaire, en Géorgie. Sur la liste des jurés, on compte 14 femmes et 19 hommes. Les nationalités sont représentées : 25 Géorgiens, 5 Arméniens et 3 Russes.

30. Une mission diplomatique de la république de Pologne arrive à Tbilissi. Elle représente les intérêts de la Pologne auprès des trois républiques caucasiennes.

Avril. Le 4, le Comte de MARTEL, Haut-Commissaire de la France arrive en Géorgie. Une délégation militaire géorgienne – conduite par le général ODICHELIDZE (sous-secrétaire d’Etat du Ministère de la Guerre) et le colonel ERISTAVI – est reçue en France.

Après un accord entre les turcophiles azéris et les bolcheviques, le pouvoir soviétique est proclamé à Bakou.

Création d’un Bureau caucasien du P.C.R (kavbjuro).

27. L’Azerbaïdjan est soviétisé.

Mai. Dans la nuit du 2 au 3, échec d’un coup de force d’agents russes qui  tentent de s’emparer de l’école militaire de Géorgie et de soulever les élèves sous-officiers contre le gouvernement.

Dans la nuit du 3 au 4, tentative déjouée de l’invasion de la Géorgie par les cavaliers de l’armée Rouge au Pont Rouge situé à la frontière entre la Géorgie et l’Azerbaïdjan (occupée par les troupes de l’armée rouge soviétique). Réaction immédiate de l’armée géorgienne et de la Garde nationale.

Le 7. La République Démocratique de Géorgie et la République Socialiste Fédérative Soviétique Russe, concluent un traité dont les deux premiers articles déterminent le statut de la Géorgie vis à vis de la Russie Soviétique :

– Article 1 : Se basant sur le droit de tous les peuples, proclamé par la RSFR, de disposer librement d’eux-mêmes jusque et y compris la séparation totale de l’état dont il fait partie, la Russie reconnaît sans réserve l’indépendance et la souveraineté de l’Etat géorgien et renonce de plein gré à tous les droits souverains qui appartenaient à la Russie à l’égard du peuple et du territoire géorgiens.

– Article 2 : Se basant sur les principes proclamés dans l’article premier précédent, du présent traité, la Russie s’engage à renoncer à toute intervention dans les affaires intérieures de la Géorgie.

Situation économique précaire : grave déficit budgétaire, forte inflation.

Le P.C. est légalisé.

26. Le jour anniversaire de l’Indépendance est largement fêté dans toutes les villes et villages de Géorgie.

Juin. Le 1er, Signature d’un traité économique entre la République démocratique de Géorgie et la République Soviétique d’Azerbaïdjan.

Le 27, la Russie soviétique ouvre son Consulat à Tbilissi.

Juillet. Le 1er, le district de Batoumi retourne à la Géorgie. Le 6, les troupes des russes blancs évacuent la ville et partent en Crimée. Le 7, devant les délégations militaires des alliés, les troupes anglaises quittent la Géorgie et abandonnent le district de Batoumi. L’armée géorgienne dirigée par les généraux KVINITADZE et ZAKARIADZE, entre dans la ville.

Conspiration bolchevique démasquée à Soukhoumi.

Second Congrès du Parti Social-démocrate de Géorgie.

Août.

2. Début de la semaine de l’aviation, destinée à recueillir des fonds pour la création d’une aviation militaire.

10. Traité de Sèvres (jamais ratifié par la Turquie) qui conduira à l’attaque turque contre l’Arménie.

26. mise en service des appareils télégraphiques et téléphoniques fabriqués par l’administration des postes de Géorgie.

 

Septembre

Du 14 au 30, visite d’une délégation de l‘Internationale Socialiste en Géorgie composée de :

De septembre à novembre 1920, Karl et Louise KAUSTSKY visitent la Géorgie et continuent l’enquête sur la République géorgienne. De retour en Allemagne, Karl KAUTSKY écrit son livre « La Géorgie une République socialiste paysanne ».

En novembre, la Géorgie demande son admission à la  SDN (Société des Nations).

Les partis membres de la Seconde Internationale appuient cette demande par des campagnes de presse dans les pays européens.

L’armée rouge se porte au secours de l’Arménie, attaquée par les troupes turques, pour prix de sa soviétisation.

Les troupes géorgiennes sont mobilisées et envoyées principalement aux frontières de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie.

En décembre, l’Assemblée de la SDN a à traiter de l’admission de la Géorgie au sein de cette organisation. Au scrutin qui s’en suit, bien qu’elle obtint le double de voix des autres Etats qui avaient posé leur candidature en même temps, elle ne recueille pas le minimum nécessaire à son admission.

1921

Le 27 janvier, l’indépendance de la Géorgie est reconnue de jure par le Conseil Suprême de l’Entente (Angleterre, France, Italie, Japon, Belgique). Elle est proclamée par l’Allemagne, la Turquie et l’Argentine. La reconnaissance de facto de l’Etat Géorgien datait de janvier 1920. L’exemple du Conseil Suprême fut suivi par la Pologne, la Roumanie, l’Autriche, le Mexique, etc.

Dans la nuit du 11 février, sans aucun préliminaire diplomatique, ni avertissement, ni déclaration de guerre, des détachements de la XIème armée soviétique qui se trouvait en Arménie (déjà occupée par les soviétiques), franchissent la frontière géorgienne en divers points et se dirigent vers Tbilissi. C’est ainsi que, brutalement, les Soviets violent le traité signé le 7 mai 1920 avec la Géorgie, traité par lequel ils reconnaissaient solennellement l’indépendance de la Géorgie et garantissait ses frontières.

Deux jours après cette invasion du côté de l’Arménie, les troupes de cette même XIème armée rouge, cantonnées en Azebaïdjan soviétique, sont lancées sur la Géorgie et  menacent aussi Tbilissi. Puis, les IVème et Vème armées rouges, parties du Caucase du Nord, marchent sur la Géorgie, en direction de Tbilissi et Koutaïs; enfin par le littoral de la mer Noire, elles se dirigent vers Soukhoum. C’est ainsi que la Russie soviétique se jeta contre la Géorgie avec trois armées, et l’attaqua de cinq côtés différents à la fois. Voir « Faux semblants de l’invasion par l’Armée rouge ».

22 février. Vote par l’Assemblée Constituante du texte définitif de la Constitution.

23 février. La Turquie, à qui la Russie soviétique promet de céder les deux provinces géorgiennes convoitées d’Artvin et Ardahan, déclare la guerre à la Géorgie. L’armée géorgienne se bat maintenant à la fois contre les troupes russes et turques.

25 février. Tbilissi tombe. Le gouvernement, l’armée et la Garde nationale se replient vers Batoumi.

Le même jour, le Ministre plénipotentiaire A. Tchenkeli est reçu en audience solennelle par le président français Millerand. Il remet ses lettres de créances au Président à l’Elysée.  la Légation de Géorgie est ouverte à Paris. Elle sera en fonction jusqu’en juillet 1933.(photo)

16 mars. Signature d’un traité commercial soviéto-britannique incluant une clause de non intervention. « Le fait a été rendu public pour la première fois par Tchitchérine, Commissaire des affaires étrangères dans son discours prononcé à Tiflis en avril 1925 : Après l’évacuation de Batoum (juillet 1920) par les Anglais, Lloyd-George a fait part au camarade Krassine que l’Angleterre ne s’immiscerait pas dans les relations entre la Russie et la Transcaucasie et qu’elle considérait le Caucase comme sphère d’influence de la République Soviétique. (Le Communiste, Tiflis, 5 avril 1925). » D. Charachidzé. H. Barbusse, les Soviets et la Géorgie. Ed. Pascal. Paris.

Le 17 mars, l’Assemblée, réunie à Batoumi sous les bombardements, demande au gouvernement de s’exiler pour continuer le combat. Le gouvernement géorgien, qui a refusé la capitulation, accepte la proposition d’asile politique de la France.

Le 18 mars, le Gouvernement National, investi de la pleine confiance de l’Assemblée Constituante, quitte la Géorgie  pour défendre sa cause dans le monde civilisé.

Le 19 mars, les troupes géorgiennes sous le commandement du Général MAZNIACHVILI écrasent les troupes turques qui attaquent Batoumi. Cet exploit ultime des troupes de la 1ère République permet de conserver Batoumi et sa région au sein de la Géorgie.

Les combats auront duré 6 semaines.


1918 (janvier – mai)

Note 1 : à partir de janvier 1918, la nouvelle Russie soviétique adopte le calendrier grégorien  (dit calendrier nouveau style) et abandonne le calendrier julien de la tradition orthodoxe.

Le 1er mai 1918 (18 avril selon le calendrier Julien), le calendrier grégorien est introduit en Transcaucasie.

Note 2 : En 1918, Tiflis, nom persan utilisé par la Russie tsariste, devient Tbilissi (« eaux chaudes » en géorgien), dénomination utilisée jusque là  que par les Géorgiens.

 Janvier. Le 5, réunion et dissolution immédiate de l’Assemblée constituante de Russie, élue deux mois plus tôt.

Suite à cette dissolution par les bolcheviks, les députés Géorgiens, Arméniens, Azerbaïdjanais de cette Assemblée décident de constituer une Assemblée dotée de fonctions législatives : la Diète de Transcaucasie, présidée par Nicolas TCHEIDZE.

Fondation de l’université de Tbilissi. La révolution de février avait permis aux savants géorgiens, dispersés sur le territoire russe ou exilés à l’étranger, de regagner la Géorgie. Grâce à leur initiative et à celle du professeur DJAVAKHICHVILI, naquit en janvier à Tbilissi la première université géorgienne, avec cinq facultés et 3.000 étudiants dès son inauguration.

Négociations de Brest-Litovsk. La Transcaucasie déclina l’offre de participer à ces négociations.

Les troupes russes abandonnant le front turc refluent sur la Géorgie pour rentrer en Russie. Pour prévenir le risque de pillages et d’exactions, la Garde Populaire, dirigée par le Parti Social-démocrate de Géorgie, assure l’ordre et le retour dans leur pays des 500 000 soldats. Ce qui évite au Caucase de tomber dans l’anarchie.

10 février, mise hors la loi des organisations bolcheviques après plusieurs tentatives de prise de pouvoir par la force.

Mars. Le 3  la Russie soviétique signe le traité de Brest-Litovsk, paix séparée avec l’Allemagne et ses alliés. Par ce traité léonin, elle perd la Pologne, la Finlande, l’Ukraine, les pays baltes, et céde Kars, Ardahan et Batoumi à l’Empire ottoman. Protestation de la Transcaucasie.

Le 12, la première conférence de paix entre la Transcaucasie et la Turquie est inaugurée à Trébizonde. La délégation turque est conduite par le ministre de la marine, REUF-BEY, la délégation transcaucasienne par le ministre des affaires étrangères, A. TCHENKELI.

Au cours de ces pourparlers, le Commissariat soviétique de Bakou, dirigé par CHAOUMIAN, proclame son allégeance à Moscou. En outre, malgré les travaux de la conférence, les Turcs continuent leur offensive militaire pour concrétiser leurs droits acquis à Brest-Litovsk. Ils occupent Ardahan et se retrouvent aux portes de Batoum et de Kars.

Avril. Dans la nuit du 13 au 14, la Diète de Transcaucasie décide de rappeler sa délégation et proclame l’état de siège. Les jeunes troupes du Caucase, constituées à la hâte et aux forces insuffisantes, s’avèrent trop faibles pour résister aux envahisseurs. Menacés à l’est par les armées bolchevistes, ils ne peuvent résister à l’armée turque au sud qui s’empare de la forteresse de Batoumi. La Turquie exige de négocier avec un  état.

Le 22, la République Démocratique Fédérative de Transcaucasie est proclamée. Le nouveau gouvernement présidé par Akaki TCHENKELI est reconnu par la Turquie.

Reprise des pourparlers avec la Turquie. En revanche, cette séparation formelle de la Transcaucasie (déjà indépendante du pouvoir central bolcheviste elle ne constituait pour autant pas un Etat) suscite – en Russie, la réaction hostile des KD, des réactionnaires, des bolcheviks et – en Transcaucasie, la réaction hostile du corps des fonctionnaires et officiers « russifiés ».

Mai. Ouverture de la 2ème conférence de paix à Batoumi (le 11), cette fois en présence de la délégation de l’Allemagne en qualité d’observatrice. Dès la première séance, les Turcs posent des conditions très dures. Elles dépassent de beaucoup les concessions territoriales accordées par le traité de Brest-Litovsk et remises en cause par la Transcaucasie. La Turquie réclame notamment la cession des provinces géorgiennes de Meskhétie et Djavakhétie, et le tiers du territoire arménien. La Transcaucasie doit aussi reconnaître sa dépendance à l’égard de la Turquie et accepter le contrôle ottoman dans les décisions relevant de sa politique intérieure.

Le 12, l’armée ottomane s’empare du chemin de fer d’Alexandropol à Djoulfa, et adresse un ultimatum réclamant la reddition d’Alexandropol (15). Des divergences sérieuses apparaissent entre les Turcs et leurs alliés Allemands qui estiment exagérées leurs revendications.

Le 19, le général VON LOSSOV propose à la délégation transcaucasienne « ses bons offices d’intermédiaire pour faciliter l’entente entre la République transcaucasienne et la Turquie ». Proposition acceptée par la délégation et refusée par la Turquie. La République Fédérative de Transcaucasie se retrouve divisées devant ces évènements :

  •     les députés azerbaïdjanais, dont la capitale est occupée par la Russie soviétique, jouent la carte des Turcs
  •     les députés arméniens, dont le pays est en grande partie sous domination turque, se refusent à lutter contre les bolcheviks.

Le 26 mai, KHALIL-BEY, président de la délégation ottomane, remet un ultimatum à la délégation transcaucasienne. Le même jour, la Diète – à l’unanimité moins deux voix – « constate l’effondrement de la Transcaucasie  et se démet de ses fonctions ».

Immédiatement, le Conseil National de Géorgie se réunit dans la salle des séances de la Diète. L’Acte d’Indépendance de la Géorgie présenté par le président du Conseil National, Noé JORDANIA, est adopté à l’unanimité. Deux jours plus tard, l’Arménie et l’Azerbaïdjan feront de même.


1914 – 1917

1914

28 juin, assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie.

28 juillet, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre àla Serbie

1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie puis, le 3, àla France, àla Serbie, et envahitla Belgique.

4 août,la Grande-Bretagne etla France entrent en guerre

6 août, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Russie

Les partis socialistes français, allemand et belge votent les crédits militaires de leur gouvernement (Union sacrée). Au nom du groupe social-démocrate, Nicolas (Carlo) TCHEÏDZE refuse de voter les crédits militaires àla Douma.

Création en Allemagne d’un Comité géorgien, animé par G. MATCHABELI et M. TSERETELI, avec pour objectif « la libération de la Géorgie » avec l’aide des Allemands et des Turcs. Ils prennent contact avec Noé JORDANIA. Un accord se fait : à l’intérieur du pays chaque formation oeuvrera selon sa propre ligne politique. Le Comité travaillera selon la sienne à l’étranger. Sur le point fondamental de l’indépendance de la Géorgie, aucune différence n’existe. Il faut seulement définir une tactique qui permette d’atteindre l’objectif sans risquer l’existence physique de la nation géorgienne.

1er novembre, l’Empire turc entre en guerre aux côtés des puissances centrales

2 novembre, la Russie déclare la guerre à la Turquie, alliée de l’Allemagne. Le Caucase devient un enjeu important. Plus de 150.000 géorgiens sont envoyés sur les champs de bataille de la « grande guerre ».

La guerre, les espoirs de révolution et de liberté qu’elle réveille chez les peuples opprimés, les possibles alliances avec les belligérants de tous bords, alimente les débats des cercles politiques.

1915. Incursions turques sur la côte de la mer Noire (avril).

Début du génocide arménien en Turquie (printemps).

Nomination du grand-duc NICOLAS comme vice-roi. Reprise de l’offensive russe (septembre)

 1916. Vague de grèves dans les villes (février-mai).

Occupation de Trébizonde par l’armée russe (avril).

Juin. Offensive victorieuse de l’armée russe en Anatolie.

Géorgie : terre d’accueil pour de nombreux réfugiés arméniens.

Lors du IIIe Congrès de l’Union des Nationalités à Lausanne, Irakly TSERETELI présente un rapport sur les « droits du peuple géorgien ».

1917. Janvier. Situation alimentaire catastrophique en Géorgie. Cas de famine dans certaines régions.

Tenue à Lantchkhouti d’une conférence du parti social-démocrate réunissant les représentants des seules organisations géorgiennes. L’accord se fait sur un point de stratégie essentiel : la déclaration de l’indépendance dela Géorgie si des circonstances favorables se créent, c’est-à-dire si l’armée russe se retire de Géorgie. Pour éviter toute démarche précipitée, cette décision devait être tenue secrète jusqu’à la conférence suivante qui devait décider de la  rendre publique ou non. Un mois après, la révolution russe commençait.

Révolution de février. Grèves, manifestations, mutineries allant crescendo, le 26 février, le tsar dissout la Douma. Le 27, mise en place d’un double pouvoir : le comité provisoire dela Douma, le soviet des députés ouvriers de Petrograd (présidé par un géorgien, Nicolas TCHEIDZE, remplacé en mars par son compatriote Irakly TSERETELI de retour de déportation).

Le Comité réunissant les partis géorgiens voit son autorité s’accroître dès le commencement de la révolution.

Mars.  Le 2, abdication du tsar.

Le 3. Formation du Gouvernement provisoire. Le 6, publication du programme du Gouvernement provisoire (amnistie, convocation d’une Assemblée constituante élue au suffrage universel…).

Le 12, l’Eglise géorgienne rétablit son autocéphalie.

15. Tiflis apprend la chute du régime.

17. Le Conseil (Soviet) révolutionnaire des ouvriers et des soldats de Tiflis élit Noé JORDANIA comme président.

22, le Gouvernement provisoire  crée l’Ozakom, Comité Spécial de Transcaucasie.

Avril. Arrivée de LENINE à Petrograd. Vives réactions du soviet de Petrograd à la note MILIOUKOV confirmant aux Alliés l’engagement de la Russie dans la guerre, manifestations.

A l’initiative des socialistes fédéralistes et du parti national-démocrate nouvellement formé, les principaux partis géorgiens – sociaux-démocrates compris,  créent un Bureau d’information inter-partis.

Mai,  formation du 2ème Gouvernement provisoire où entrent des représentants du soviet de Petrograd.

3-24 juin, 1er Congrès panrusse des soviets à Petrograd. LENINE au nom de la minorité bolchevique (105 délégués sur 800)  déclare être prêt à prendre le pouvoir.

3-4 juillet,  « Journées de juillet » à Petrograd. Violentes manifestations d’ouvriers, de soldats et des marins de Kronstadt contre le gouvernement et le soviet. Le 24, formation du troisième Gouvernement provisoire dirigé par KERENSKI.

21 août, le Bureau d’information inter-partis est rebaptisé « Comité National Inter-partis ». N. JORDANIA et A. TCHENKELI sont élus au Comité exécutif, mais les rapports entre sociaux-démocrates et nationaux démocrates sont difficiles.

27-31 août, tentative de putsch militaire par le général KORNILOV.

Septembre. Proclamation de la République de Russie.

VIe Congrès du parti bolchevique avec la participation de l’Organisation interdistricts dont quatre représentants sont élus au Comité central, parmi eux, TROTSKI.

Octobre. Le 7, ouverture du pré-Parlement et retrait des bolcheviks dès la séance inaugurale. Le 16, TROTSKI met sur pied le comité militaire révolutionnaire de Petrograd (CMRP) chargé de préparer l’insurrection bolchevique. Le 24, début du coup d’Etat bolchevique. Le 25, Petrograd tombe entre les mains des insurgés ; le CMRP proclame la destitution du gouvernement provisoire et prend le pouvoir. Nuit du 25 au 26, attaque du Palais d’Hiver et ouverture du IIème Congrès panrusse des soviets. Retrait des socialistes révolutionnaires et des mencheviks qui dénoncent le coup de force bolchevique. Nuit du 26 au 27, dernière séance du Congrès et formation du gouvernement provisoire bolchevique, le Conseil des commissaires du peuple, présidé par LENINE.

Pendant tous ces événements, le peuple géorgien  reste organisé autour de la Social-démocratie géorgienne.

Novembre. Le 11, le Comité Spécial de Transcaucasie est dissous sur l’initiative des conseils révolutionnaires transcaucasiens qui ne reconnaissent pas le coup d’Etat bolchevique. Le Comité est remplacé par un nouvel organe, le Commissariat de Transcaucasie, présidé par Evgueni GUEGUETCHKORI, avec Akaki TCHENKELI comme ministre des affaires étrangères. Outre ce pouvoir central, les Géorgiens, Arméniens et Azerbaïdjanais créent dans leurs pays respectifs des Conseils Nationaux pour subvenir aux besoins nationaux respectifs.

Le Congrès National de Géorgie est créé sur l’instigation et la direction du Comité National Inter-partis de Géorgie. Convoqué le 19, il réunit 329 délégués représentant l’ensemble des principaux partis politiques et organisations sociales, des syndicats aux assemblées de nobles géorgiens et à l’église. Dans son adresse au Congrès (le 20), N. JORDANIA réclame un Conseil National géorgien capable de faire ses propres lois, une armée géorgienne et une milice, une administration nationale, ainsi que la nationalisation des systèmes judiciaires et éducatif. Il déclare « Nous avons deux questions à décider, et nous avons besoin d’être unis…La première question est la garantie de notre existence nationale, la seconde, la création de la  base sur laquelle nous pouvons bâtir le libre développement culturel de notre peuple. Le Congrès national est la première pierre de cette base».

Au Conseil National géorgien ainsi désigné, la prépondérance appartient au parti social-démocrate. Noé JORDANIA devient le président du Conseil National.

Le Conseil National Géorgien s’occupa d’abord de la création d’une force armée nationale, mais ne put opposer d’emblée sa propre force de défense aux forces ennemies étrangères. En effet, sur le front du Caucase comme partout ailleurs les soldats se rangèrent du côté du pouvoir bolchevique qui promettait un prompt retour dans leurs foyers. En outre, la majorité des Caucasiens ayant été envoyés sur les fronts occidentaux, Géorgiens et Arméniens se trouvaient dans une situation  tragique.

Décembre. Aussi, fut-il fait appel au peuple pour défendre la patrie. Le Comité exécutif du Conseil révolutionnaire ouvrier de Tiflis, s’étant vu refuser par l’arsenal la fourniture des armes nécessaires, les ouvriers sociaux-démocrates, très faiblement armés mais fortement déterminés, parvinrent à s’emparer de l’arsenal sans qu’aucun coup de feu ne fut tiré (le 12). A l’exemple de Tiflis, d’autres unités essentiellement constituées d’ouvriers et de paysans furent ensuite constituées dans tous les coins de la Géorgie. Le pays eut ainsi la possibilité de s’armer et de se défendre ; ces colonnes armées furent baptisées «Garde Populaire ». L‘anniversaire du 12 décembre devint, en Géorgie, une fête nationale.

Le Commissariat et les organisations révolutionnaires travaillaient en parfaite harmonie et s’efforçaient de donner localement un cours normal aux événements post-révolutionnaires.

Pendant ce temps, l’anarchie et la guerre civile dévastent la Russie, et la dictature des soviets devient sanguinaire. Création de la Tcheka, police politique du nouveau régime.

Elections de l’Assemblée Constituante Panrusse où la Social-démocratie géorgienne remporte une victoire  éclatante (72 % des voix en Géorgie).

Armistice de Brest-Litovsk entre la Russie et les Empires centraux (15).


1905 – 1913

Les dates  sont ici parfois données selon le double calendrier julien et grégorien

(Pour retrouver les dates du  calendrier julien qui existait dans l’empire tsariste et en Turquie, il faut retrancher 13 jours du calendrier grégorien)

La révolution de 1905

9 janvier (22 janvier), dimanche rouge à Saint-Pétersbourg. La garde tire sur une manifestation pacifique menée par le pope Gapone, et déclenche une période de troubles et de revendications dans tout l’empire.

En Géorgie, le parti social-démocrate organise partout des manifestations de solidarité ; ouvriers, commerçants, fonctionnaires, clergé, prennent part aux grèves et contestent les autorités tsaristes. Situation quasi insurrectionnelle en Gourie.

« Kvali » est interdit par le gouvernement. Edition de « Mogzaouri » dirigé par P. MAKHARADZE, et de « Tsnobis pourtseli » désormais dirigé par les sociaux-fédéralistes. « Iveria » n’est plus dirigé par Ilia TCHAVTCHAVADZE.

Mars. Le Comité d’Union lance un large débat sur les thèses qui se sont affrontées au Congrès de Londres. A Batoumi, lors d’une conférence de trois jours, STALINE, qui soutient les thèses de LENINE, est mis en minorité par Noé RAMICHVILI qui défend les thèses de JORDANIA.

Le journal clandestin « Social-démocratie » devint l’organe du socialisme géorgien. Noé JORDANIA y publie, avec le concours de Noé RAMICHVILI, des articles sur « Menchevisme ou bolchevisme », également publiés dans « Iskra » en traduction russe, avec une préface de F. Dan et Y. Tsereteli. Dans toute la Géorgie les thèses bolcheviques restèrent minoritaires.

« Ce n’est qu’en Géorgie que s’établit et domina le mot d’ordre organisationnel et politique fondamental du marxisme : « La libération des ouvriers est l’affaire des ouvriers » (…) alors que le mot d’ordre des Russes était : « la libération des ouvriers est l’affaire de l’intelligentsia dévouée » (…). C’est ainsi que se séparèrent les chemins des sociaux-démocrates géorgiens et russes » N. JORDANIA « Mon Passé ». (Voir aussi «Vrai et Faux Communisme» de N. JORDANIA, paru en 1925 à Paris)

Le socialisme géorgien liant l’ouvrier et le paysan prenait son caractère propre.

Mai. Arrivée à Tiflis du nouveau vice-roi (poste restauré, il avait été aboli en 1882), le comte VORONTSOV-DACHKOV, un aristocrate libéral.

Juin. Mutinerie du cuirassé Potemkine.

Août. Le 6, NICOLAS II accepte le principe de la réunion d’une Douma.

Le 29, à Tiflis, les cosaques attaquent une réunion social-démocrate : 60 morts et plusieurs centaines de blessés. Le Comité central décide de réagir et de se défendre : une milice – « les cents rouges  est alors créée. Cette organisation sera l’embryon de la  future « Garde Populaire ». Quelques jours plus tard, à Tiflis, tous les cantonnements des cosaques sont attaqués et bombardés. Cet acte eut un immense retentissement, l’administration impériale dut reconnaître son impuissance.

Septembre, Signature de la paix avec le Japon, suite à la capitulation dela Russie.

Octobre, la grève générale éclate en Russie. Le 17 octobre (30 octobre), NICOLAS II est contraint de signer le Manifeste impérial octroyant au pays les libertés d’opinion et d’association et un parlement élu, la Douma. De WITTE est nommé premier ministre.

A la fin de l’année 1905, la Géorgie se trouve en pleine insurrection. Une « République de Gourie » présidée par le social-démocrate Bénia TCHIKHVICHVILI et dirigée par un pouvoir révolutionnaire et républicain est proclamée.

La « République de Gourie éclaire la relation inhabituelle entre la social-démocratie géorgienne et la paysannerie. (…) Les  paysans géorgiens ont transformé la section géorgienne du POSDR en une organisation de masse défiant ainsi des éléments majeurs de la stratégie révolutionnaire du POSDR. (…) Le recrutement de masse des paysans dans les organisations géorgiennes entraînèrent de sérieuses réserves de la part des membres russes du POSDR au sujet de l’orthodoxie marxiste des sociaux-démocrates géorgiens.» S. Jones « Socialism in georgian colors ».

1906. La réaction écrasant les mouvements révolutionnaires dans tout l’empire, la Géorgie est victime d’une terrible répression. La République de Gourie, qui aura duré 6 mois, sera écrasée dans le sang.

Les troupes cosaques commettent assassinats, viols, incendies. 13.000 personnes sont arrêtées en Géorgie. Beaucoup sont déportées en Sibérie. Le gouvernement tsariste tente de briser les forces de la démocratie en Transcaucasie, en attisant les discordes nationales et les conflits religieux existant de longue date entre Arméniens (chrétiens) et Azéris (musulmans). Après les tueries provoquées en Transcaucasie orientale, ce devait être le tour de Tiflis. Les communautés armées étaient prêtes à s’affronter, mais les sociaux-démocrates géorgiens firent échec au pogrom projeté en montant une manifestation pour s’interposer entre les belligérants, évitant ainsi un bain de sang.

Le gouvernement tsariste ne parvint pas à anéantir le Parti social-démocrate géorgien dont les résolutions et positions sont publiées dans le quotidien légal « Skhivi » (Rayon) dirigé par N. JORDANIA.

En Mars, aux élections à la 1ère Douma de l’empire russe, alors que les deux tendances – menchevique et bolchevique – du POSDR boycottent ces élections,la Social-démocratie géorgienne décide de présenter ses candidats. Son succès est écrasant ; les trois représentants dela Géorgie sont tous des sociaux-démocrates : le chef du Parti – Noé JORDANIA, celui qui avait dirigé la manifestation salutaire de Tiflis – Isidore RAMICHVILI, et Nicolas (Carlo) TCHEIDZE.

Avril. IVe Congrès d’unification du POSDR à Stockholm.La Social-démocratie géorgienne s’oppose aux thèses des « bolcheviks », conjointement aux « mencheviks » russes. Lénine est mis en minorité. Les faux mandats de Joseph Djougachvili (STALINE) et de ses amis sont invalidés par la commission des mandats. Le POSDR est réunifié, mais les bolcheviks s’organisent en « tendance », marquant ainsi les prémisses du futur parti « bolchevique ».  PLEKHANOVdéclare au nom du Congrès : « L’autodétermination signifie le droit de la nation de créer son propre état ».

Les bolcheviks sont pratiquement éliminés du paysage politique géorgien.

Mai, réunion de la 1ère Douma.

Juillet, dissolution de la 1ère Douma.

Les députés décident de se rendre en Finlande et signent le « manifeste de Viborg » rédigé par Noé JORDANIA et Pavel MILIOUKOV (leader du parti KD). Les signataires sont arrêtés et condamnés à 5 mois de prison. Noé JORDANIA échappe à l’arrestation et  restera  plus de dix-huit mois dans la clandestinité.

1907. En mars, élections à la 2ème Douma. Toutes les tendances présentent des candidats. La Social-démocratie géorgienne voit ses sept candidats élus parmi lesquels Artchil DJAPARIDZE, Irakly TSERETELI, Bikenti LOMTATIDZE, Constantin KANDELAKI, Severian DJOUGHELI, et Guérassim MAKHARADZE. Irakly TSERETELI, le benjamin, est élu à la tête du groupe social-démocrate de la Douma, qui réunit cinquante-six députés. Il mène la lutte contre STOLYPINE,  premier ministre du Tsar.

En mai, au Congrès de Londres (Ve congrès du POSDR),la Géorgie est représentée par 29 délégués, près de 30% d’entre eux sont originaires de Gourie parmi eux N. JORDANIA. Les bolcheviks reprennent la majorité et introduisent le principe du centralisme démocratique. Noé JORDANIA est quand même élu membre du comité central.

Se préparant à dissoudre la Douma, le gouvernement lui pose un ultimatum : retirer l’immunité parlementaire des députés sociaux-démocrates pour permettre de les arrêter et les juger.

Juin. Irakly TSERETELI dans un discours mémorable en appelle à la Douma, au nom du groupe social-démocrate, pour entrer dans la voie de la lutte révolutionnaire et prendre les mesures qui s’imposent pour la défense des droits des représentants du peuple et du peuple lui-même. Le lendemain, la Douma est dissoute. Touts les députés sociaux-démocrates sont arrêtés et condamnés aux travaux forcés. Déportés en Sibérie, DJAPARIDZE et LOMTATIDZE y mourront.

En août, signature de la Triple Entente entrela France, l’Angleterre etla Russie contre la Triple Alliance germanique.

Assassinat d’Ilia TCHAVTCHAVADZE. Le mystère plane toujours sur les responsabilités. A son enterrement, intervention de deux cadres du parti Social-démocrate géorgien : Nicolas TCHEÏDZE et  Vlassa MGUELADZE.

Achèvement des travaux de l’oléoduc Bakou-Batoumi.

Malgré l’intense répression, la social-démocratie géorgienne continue à gagner du terrain dans les villes comme dans les campagnes. Ainsi, en novembre, la social-démocratie géorgienne parvient à faire élire ses candidats à la troisième Douma, dite « Douma des seigneurs », en dépit de la modification de la loi électorale au bénéfice des nobles et des riches. A la Douma, sur un total de 442 députés, seuls 18 représentent la social-démocratie dont Nicolas (Carlo) TCHEIDZE (candidat du gubernia de Tiflis) et Evguéni GUEGUETCHKORI (candidat du gubernia de Koutaïssi).

Pendant dix ans, les sociaux-démocrates géorgiens GUEGUETCHKORI, TCHEIDZE, TCHENKELI, TSERETELI demeureront à l’extrême gauche de la Douma et assureront une représentation légale et publique aux exigences démocratiques.

1908. En décembre, réunion plénière du Comité central du POSDR à Paris. N. JORDANIA, membre du comité central, y participe. A l’origine de la convocation, l’arrestation du bolchevik LITVINOV pour vol d’assignats. Les bolcheviks, qui ont perdu tout prestige dans les milieux socialistes européens et auprès de l’Internationale socialiste, cèdent et cessent leurs « expropriations ».

Le parti, partagé entre bolcheviks « expropriateurs » et mencheviks « liquidateurs » (ceux-ci sont contre l’action clandestine, leur objectif est l’instauration de la démocratie bourgeoise en Russie), semble au bord de la décomposition.

En décembre, tout en restant sur les positions du menchevisme, PLEKHANOV et son groupe plaident en faveur du maintien de l’organisation illégale et du travail illégal du Parti. Ils réalisent un accord avec LENINE  et les bolcheviks.

La social-démocratie géorgienne poursuit son chemin original et décide de développer parallèlement  organisations légales et  illégales.

Akaki TCHENKELI reprend, lors de nombreuses réunions à Genève, la thèse de l’autonomie nationale culturelle.

Assassinat de l’archevêque NIKON, exarque de Géorgie. Fortes tensions entre prêtres géorgiens et éléments conservateurs du clergé russe.

1911. PLEKHANOV rompt avec LENINE.

Les organisations sociales-démocrates discutent de la question nationale.

1912. A la conférence de Prague (janvier), les bolcheviks excluent les mencheviks, inaugurant ainsi officiellement une existence autonome ; STALINE (Joseph Djougachvili) entre au comité central. Les bolcheviks continueront cependant jusqu’en 1918 sous l’appellation POSDR avec la mention entre guillemets du terme « bolcheviks ». En 1918, le POSDR désignera uniquement les mencheviks dirigés par MARTOV.

Grève générale en Géorgie (avril).

Dissolution de la 3ème Douma (juin).

Le député social-démocrate géorgien Akaki TCHENKELI réclame la « création d’institutions pour le libre développement de chaque nationalité ». LENINE est furieux. STALINE prépare la riposte bolchevique.

Novembre, début de la 4ème DOUMA. Les lois nouvelles et la répression provoquent la diminution du nombre total de députés sociaux-démocrates. Les ouvriers russes portent massivement leurs suffrages sur les candidats bolcheviques, contrairement à ce qui se produit en Géorgie. Là, comme à l’accoutumée, les candidats sociaux-démocrates sont élus.

1913. Célébration du tricentenaire du règne des ROMANOV.

Publication de « La question nationale et la sociale démocratie » de STALINE.

Grèves et manifestations dans tout le pays.


1897 – 1904

1897. La population de Géorgie atteint 1.919.000 habitants dont 84 % sont des ruraux, 68 % des Géorgiens et 9 % des Arméniens. Tiflis compte 160.000 habitants.

Début du réveil de la classe ouvrière et de sa mobilisation politique. Effervescence des idées. Le journal « Iveria » diffuse des idées cantonnées dans le champ culturel : généralisation de l’instruction, école géorgienne, théâtre géorgien. Dans, le Journal « Kvali », on remarque l’émergence des idées progressistes. Les idées marxistes pénètrent la société. Ainsi, les marxistes ont créé des cercles de travail avec les ouvriers, mais ils refusent toute action légale, privilégiant l’action illégale. Cette ligne était défendue par les « nouveaux sociaux démocrates » (Vasso TABADZE), par PASTALEVSKI, KETSKHOVELI, etc. qui dominent les cercles illégaux. Les pionniers du mouvement social-démocrate, dits les « anciens sociaux démocrates » (âge moyen 29 ans !), sont d’une opinion différente.

Au retour en Géorgie de Noé JORDANIA, après concertation avec les « anciens sociaux démocrates » qui avaient participé à la conférence de Kvirila, il est décidé de donner au mouvement ouvrier un caractère plus large où à l’aspect économique s’ajouteront les aspects social et politique. Décision est prise de compléter l’action illégale et clandestine par des actions légales dont le premier acte consiste à se doter d’un journal.

Au même moment, Ilia TCHAVTCHAVADZE propose à Noé JORDANIA la direction de son journal « Iveria », ce que Jordania décline.

1898. Le Parti socialiste prend contact avec G. TSERETELI qui accepte de céder son journal « Kvali » (Le Sillon), en janvier. Noé JORDANIA prend la direction du journal. Il le transforme en organe légal des marxistes géorgiens et en fera le centre de ralliement de la social-démocratie géorgienne.

Les campagnes entreprises par « Kvali » jouèrent un rôle considérable dans l’évolution sociale et politique de la Géorgie et dans « la régénération du peuple géorgien par l’union des paysans et des intellectuels démocrates avec le prolétariat, champion du progrès, en Géorgie comme dans le monde entier. » W. Woytinski

Une polémique s’engage entre socialistes et nationalistes géorgiens par articles interposés entre Ilia TCHAVTCHAVADZE et Noé JORDANIA, les articles de ce dernier faisant apparaître l’essence réactionnaire du nationalisme nobiliaire.

1900. Le 1er mai, 600 militants et sympathisants socialistes se rassemblent dans une vallée proche de Tiflis. Au terme de cette manifestation, la décision est arrêtée de célébrer le 1 mai suivant à Tiflis.

Sylvestre DJIBLADZE est envoyé en Russie pour prendre contact avec le POSDR, Parti Ouvrier Social-démocrate de Russie, récemment créé (mars 1898)  à Minsk. Une délégation de socialistes russes est à son tour invitée en Géorgie.

1901. Manifestation du 1er Mai  à Tiflis. Elle réunit plusieurs milliers de personnes. Les cosaques chargent. Nombreux tués et blessés. Les prisons se remplissent des militants sociaux-démocrates, parmi eux Noé JORDANIA, Vlassa MGELADZE, Sylvestre DJIBLADZE….

En Russie, fondation du parti Socialiste-révolutionnaire, issu du mouvement populiste des années 1870-1880.

1902. La situation devenant extrêmement tendue, ses leaders en prison, la Social-démocratie géorgienne décide d’adhérer au POSDR.

De multiples grèves secouentla Géorgie. Lesreprésailles sont violentes : des travailleurs sont tués ou emprisonnés, d’autres, licenciés en nombre, retournent dans leurs villages.

Les « vieux » chefs sont rejoints par une génération de militants plus jeunes, Noé RAMICHVILI, Noé KHOMERIKI, Artchil DJAPARIDZE, Irakly TSERETELI…Les deux premiers assurent le travail d’organisation, les deux derniers se font connaître par leurs écrits et leur propagande

Le parti dirige les grèves et couvre les campagnes de comités paysans. L’alliance des ouvriers et paysans se réalise et la paysannerie (80 % de la population) devient la force principale de la Social-démocratiegéorgienne, comme en témoigne le puissant mouvement paysan de Gourie (Géorgie occidentale), dirigé par des sociaux-démocrates. La Gourie ne reconnaît plus les autorités tsaristes et s’autoadministre.

Au cours de l’hiver, dans la perspective de l’élection du Comité d’Union dela Transcaucasie (Comité central) la conférence du parti pourla Transcaucasie se tint à Tiflis sous la présidence de N. JORDANIA. Celui-ci  est chargé de rédiger le programme du parti à l’échelle du Caucase et dela Russie.Puis, l’ordre de le déporter étant arrivé, il parvient à embarquer pour l’Europe.

Ouverture de la ligne de chemin de fer Tiflis-Erevan.

1903. Importantes manifestations à caractère politique à Tiflis et Batoumi.

Tenue du 2ème congrès du POSDR (Bruxelles-Londres, 30 juillet-23 août 1903). A ce congrès deux tendances s’affrontent : les Bolcheviks (de « bolchinstvo », majorité) et les Mencheviks (de « menchinstvo », minorité). Noé JORDANIA s’oppose à LENINE, leader des bolcheviks.  La scission entre bolcheviks et mencheviks a peu d’impact en Géorgie.

Le Comité de Transcaucasie décrète une grève générale à visée politique dans toute la région. Elle durera trois jours avec succès. Violents affrontements avec les forces de l’ordre.

1904. Guerre Russo-Japonaise.

Formation à Genève du Parti des socialistes fédéralistes géorgiens « Sakartvelo ». Proche des socialistes révolutionnaires russes, ils se réclament de l’Autonomie nationale territoriale dans le cadre d’un état fédéral décentralisé. Ses fondateurs sont Artchil DJORDJADZE et Guiorgui LASKHICHVILI. Publication à Paris de « Sakartvelo », journal bilingue franco-géorgien qui publiera des articles de Noé JORDANIA, collaboration de courte durée. Ce dernier sortira un pamphlet intitulé « Les nationalistes géorgiens » condamnant la politique de coopération de classes défendue par « Sakartvelo » : « Comment le loup et l’oie pourraient-ils cohabiter dans une même plume ? » écrit-il.

Le parti Social-démocrate géorgien développe des organisations dans tout le pays.

Mise en service d’un réseau de tramways à Tiflis.

Blessé en juillet, lors d’un attentat, le gouverneur général du Caucase, G. GOLITSYNE, rentre en Russie.


1885 – 1896

Le mouvement politique amorce un tournant : les revendications débordent de la demande de reconnaissance culturelle.

1885. Formation des premiers groupes marxistes en Géorgie avec, à leur tête, Noé JORDANIA, Sylvestre DJIBLADZE, Egnaté NINOCHVILI et Nicolas (Carlo) TCHEÏDZE.

Traduction en géorgien du « Manifeste communiste » de Karl Marx.

1886 : première grève importante, celle du dépôt de chemin de fer de Tiflis. Cet événement marque le début de la jonction entre les cercles marxistes et les travailleurs.

1891. Noé JORDANIA, qui a terminé le séminaire en 1890, part à Varsovie poursuivre ses études. Il y découvre le socialisme européen, notamment à travers les livres de K. Kautsky développant la théorie du matérialisme historique. Il y découvre aussi, l’ampleur du sentiment national polonais. Il entreprend une correspondance assidue avec ses camarades géorgiens et leur envoie les éditions russes interdites.

1892 : Au retour en Géorgie de Noé JORDANIA se tient, en décembre à Kvirila (Imereti), la première conférence des socialistes géorgiens où les idées populistes l’emportent. En désaccord, Sylvestre DJIBLADZE, Egnaté NINOCHVILI et Noé JORDANIA décident d’organiser une seconde conférence  et d’y présenter leur programme de revendications.

1893 : Ce programme est adopté le 7 février, lors de la conférence de Tiflis, considérée comme le Congrès fondateur du Parti social-démocrate de Géorgie. Cette date marque l’irruption du socialisme marxiste traditionnel en Géorgie. Le parti proclame

– le droit à l’indépendance pour toutes les nations, d’où découle le droit à l’indépendance de la Géorgie

– la  démocratie

– le socialisme (un programme minimum et maximum, c’est-à-dire le passage de l’étape démocratique à l’étape socialiste),  est adopté.

Suite à l’arrestation à Varsovie de leurs camarades géorgiens, le parti organise le départ de Noé JORDANIA pour l’Europe (l’ordre de son arrestation ne parviendra en Géorgie que deux mois après). Il y passera quatre ans et demi, consacrés à l’étude, à l’approfondissement de la culture, des idées nouvelles. Il fait la connaissance des socialistes européens. Impressionné par ses découvertes, il décide de faire connaître la culture européenne à ses compatriotes. « Comme pendant mon séjour il n’y avait aucun autre Géorgien  susceptible de décrire et de faire connaître l’Europe àla Géorgie, je me suis attaché à remplir ce devoir. Je l’ai servi avec zèle à travers les articles que j’ai envoyés en Géorgie de 1893 à 1897 ».

1893. Fondation d’une Ligue pour la libération de la Géorgie. Installation du téléphone à Tiflis.

1894. NICOLAS II succède à ALEXANDRE III sur le trône de Russie.

Le Mésame Dasi (Troisième groupe), première organisation marxiste géorgienne, est créé. Elle est dirigée par Sylvestre DJIBLADZE et Noé JORDANIA.

1896. Le Prince G. GOLITSYNE est nommé Gouverneur-général du Caucase. Rupture du modus vivendi établi par ses prédécesseurs et brutale politique de russification.