1897 – 1904

1897. La population de Géorgie atteint 1.919.000 habitants dont 84 % sont des ruraux, 68 % des Géorgiens et 9 % des Arméniens. Tiflis compte 160.000 habitants.

Début du réveil de la classe ouvrière et de sa mobilisation politique. Effervescence des idées. Le journal « Iveria » diffuse des idées cantonnées dans le champ culturel : généralisation de l’instruction, école géorgienne, théâtre géorgien. Dans, le Journal « Kvali », on remarque l’émergence des idées progressistes. Les idées marxistes pénètrent la société. Ainsi, les marxistes ont créé des cercles de travail avec les ouvriers, mais ils refusent toute action légale, privilégiant l’action illégale. Cette ligne était défendue par les « nouveaux sociaux démocrates » (Vasso TABADZE), par PASTALEVSKI, KETSKHOVELI, etc. qui dominent les cercles illégaux. Les pionniers du mouvement social-démocrate, dits les « anciens sociaux démocrates » (âge moyen 29 ans !), sont d’une opinion différente.

Au retour en Géorgie de Noé JORDANIA, après concertation avec les « anciens sociaux démocrates » qui avaient participé à la conférence de Kvirila, il est décidé de donner au mouvement ouvrier un caractère plus large où à l’aspect économique s’ajouteront les aspects social et politique. Décision est prise de compléter l’action illégale et clandestine par des actions légales dont le premier acte consiste à se doter d’un journal.

Au même moment, Ilia TCHAVTCHAVADZE propose à Noé JORDANIA la direction de son journal « Iveria », ce que Jordania décline.

1898. Le Parti socialiste prend contact avec G. TSERETELI qui accepte de céder son journal « Kvali » (Le Sillon), en janvier. Noé JORDANIA prend la direction du journal. Il le transforme en organe légal des marxistes géorgiens et en fera le centre de ralliement de la social-démocratie géorgienne.

Les campagnes entreprises par « Kvali » jouèrent un rôle considérable dans l’évolution sociale et politique de la Géorgie et dans « la régénération du peuple géorgien par l’union des paysans et des intellectuels démocrates avec le prolétariat, champion du progrès, en Géorgie comme dans le monde entier. » W. Woytinski

Une polémique s’engage entre socialistes et nationalistes géorgiens par articles interposés entre Ilia TCHAVTCHAVADZE et Noé JORDANIA, les articles de ce dernier faisant apparaître l’essence réactionnaire du nationalisme nobiliaire.

1900. Le 1er mai, 600 militants et sympathisants socialistes se rassemblent dans une vallée proche de Tiflis. Au terme de cette manifestation, la décision est arrêtée de célébrer le 1 mai suivant à Tiflis.

Sylvestre DJIBLADZE est envoyé en Russie pour prendre contact avec le POSDR, Parti Ouvrier Social-démocrate de Russie, récemment créé (mars 1898)  à Minsk. Une délégation de socialistes russes est à son tour invitée en Géorgie.

1901. Manifestation du 1er Mai  à Tiflis. Elle réunit plusieurs milliers de personnes. Les cosaques chargent. Nombreux tués et blessés. Les prisons se remplissent des militants sociaux-démocrates, parmi eux Noé JORDANIA, Vlassa MGELADZE, Sylvestre DJIBLADZE….

En Russie, fondation du parti Socialiste-révolutionnaire, issu du mouvement populiste des années 1870-1880.

1902. La situation devenant extrêmement tendue, ses leaders en prison, la Social-démocratie géorgienne décide d’adhérer au POSDR.

De multiples grèves secouentla Géorgie. Lesreprésailles sont violentes : des travailleurs sont tués ou emprisonnés, d’autres, licenciés en nombre, retournent dans leurs villages.

Les « vieux » chefs sont rejoints par une génération de militants plus jeunes, Noé RAMICHVILI, Noé KHOMERIKI, Artchil DJAPARIDZE, Irakly TSERETELI…Les deux premiers assurent le travail d’organisation, les deux derniers se font connaître par leurs écrits et leur propagande

Le parti dirige les grèves et couvre les campagnes de comités paysans. L’alliance des ouvriers et paysans se réalise et la paysannerie (80 % de la population) devient la force principale de la Social-démocratiegéorgienne, comme en témoigne le puissant mouvement paysan de Gourie (Géorgie occidentale), dirigé par des sociaux-démocrates. La Gourie ne reconnaît plus les autorités tsaristes et s’autoadministre.

Au cours de l’hiver, dans la perspective de l’élection du Comité d’Union dela Transcaucasie (Comité central) la conférence du parti pourla Transcaucasie se tint à Tiflis sous la présidence de N. JORDANIA. Celui-ci  est chargé de rédiger le programme du parti à l’échelle du Caucase et dela Russie.Puis, l’ordre de le déporter étant arrivé, il parvient à embarquer pour l’Europe.

Ouverture de la ligne de chemin de fer Tiflis-Erevan.

1903. Importantes manifestations à caractère politique à Tiflis et Batoumi.

Tenue du 2ème congrès du POSDR (Bruxelles-Londres, 30 juillet-23 août 1903). A ce congrès deux tendances s’affrontent : les Bolcheviks (de « bolchinstvo », majorité) et les Mencheviks (de « menchinstvo », minorité). Noé JORDANIA s’oppose à LENINE, leader des bolcheviks.  La scission entre bolcheviks et mencheviks a peu d’impact en Géorgie.

Le Comité de Transcaucasie décrète une grève générale à visée politique dans toute la région. Elle durera trois jours avec succès. Violents affrontements avec les forces de l’ordre.

1904. Guerre Russo-Japonaise.

Formation à Genève du Parti des socialistes fédéralistes géorgiens « Sakartvelo ». Proche des socialistes révolutionnaires russes, ils se réclament de l’Autonomie nationale territoriale dans le cadre d’un état fédéral décentralisé. Ses fondateurs sont Artchil DJORDJADZE et Guiorgui LASKHICHVILI. Publication à Paris de « Sakartvelo », journal bilingue franco-géorgien qui publiera des articles de Noé JORDANIA, collaboration de courte durée. Ce dernier sortira un pamphlet intitulé « Les nationalistes géorgiens » condamnant la politique de coopération de classes défendue par « Sakartvelo » : « Comment le loup et l’oie pourraient-ils cohabiter dans une même plume ? » écrit-il.

Le parti Social-démocrate géorgien développe des organisations dans tout le pays.

Mise en service d’un réseau de tramways à Tiflis.

Blessé en juillet, lors d’un attentat, le gouverneur général du Caucase, G. GOLITSYNE, rentre en Russie.

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