1905 – 1913

Les dates  sont ici parfois données selon le double calendrier julien et grégorien

(Pour retrouver les dates du  calendrier julien qui existait dans l’empire tsariste et en Turquie, il faut retrancher 13 jours du calendrier grégorien)

La révolution de 1905

9 janvier (22 janvier), dimanche rouge à Saint-Pétersbourg. La garde tire sur une manifestation pacifique menée par le pope Gapone, et déclenche une période de troubles et de revendications dans tout l’empire.

En Géorgie, le parti social-démocrate organise partout des manifestations de solidarité ; ouvriers, commerçants, fonctionnaires, clergé, prennent part aux grèves et contestent les autorités tsaristes. Situation quasi insurrectionnelle en Gourie.

« Kvali » est interdit par le gouvernement. Edition de « Mogzaouri » dirigé par P. MAKHARADZE, et de « Tsnobis pourtseli » désormais dirigé par les sociaux-fédéralistes. « Iveria » n’est plus dirigé par Ilia TCHAVTCHAVADZE.

Mars. Le Comité d’Union lance un large débat sur les thèses qui se sont affrontées au Congrès de Londres. A Batoumi, lors d’une conférence de trois jours, STALINE, qui soutient les thèses de LENINE, est mis en minorité par Noé RAMICHVILI qui défend les thèses de JORDANIA.

Le journal clandestin « Social-démocratie » devint l’organe du socialisme géorgien. Noé JORDANIA y publie, avec le concours de Noé RAMICHVILI, des articles sur « Menchevisme ou bolchevisme », également publiés dans « Iskra » en traduction russe, avec une préface de F. Dan et Y. Tsereteli. Dans toute la Géorgie les thèses bolcheviques restèrent minoritaires.

« Ce n’est qu’en Géorgie que s’établit et domina le mot d’ordre organisationnel et politique fondamental du marxisme : « La libération des ouvriers est l’affaire des ouvriers » (…) alors que le mot d’ordre des Russes était : « la libération des ouvriers est l’affaire de l’intelligentsia dévouée » (…). C’est ainsi que se séparèrent les chemins des sociaux-démocrates géorgiens et russes » N. JORDANIA « Mon Passé ». (Voir aussi «Vrai et Faux Communisme» de N. JORDANIA, paru en 1925 à Paris)

Le socialisme géorgien liant l’ouvrier et le paysan prenait son caractère propre.

Mai. Arrivée à Tiflis du nouveau vice-roi (poste restauré, il avait été aboli en 1882), le comte VORONTSOV-DACHKOV, un aristocrate libéral.

Juin. Mutinerie du cuirassé Potemkine.

Août. Le 6, NICOLAS II accepte le principe de la réunion d’une Douma.

Le 29, à Tiflis, les cosaques attaquent une réunion social-démocrate : 60 morts et plusieurs centaines de blessés. Le Comité central décide de réagir et de se défendre : une milice – « les cents rouges  est alors créée. Cette organisation sera l’embryon de la  future « Garde Populaire ». Quelques jours plus tard, à Tiflis, tous les cantonnements des cosaques sont attaqués et bombardés. Cet acte eut un immense retentissement, l’administration impériale dut reconnaître son impuissance.

Septembre, Signature de la paix avec le Japon, suite à la capitulation dela Russie.

Octobre, la grève générale éclate en Russie. Le 17 octobre (30 octobre), NICOLAS II est contraint de signer le Manifeste impérial octroyant au pays les libertés d’opinion et d’association et un parlement élu, la Douma. De WITTE est nommé premier ministre.

A la fin de l’année 1905, la Géorgie se trouve en pleine insurrection. Une « République de Gourie » présidée par le social-démocrate Bénia TCHIKHVICHVILI et dirigée par un pouvoir révolutionnaire et républicain est proclamée.

La « République de Gourie éclaire la relation inhabituelle entre la social-démocratie géorgienne et la paysannerie. (…) Les  paysans géorgiens ont transformé la section géorgienne du POSDR en une organisation de masse défiant ainsi des éléments majeurs de la stratégie révolutionnaire du POSDR. (…) Le recrutement de masse des paysans dans les organisations géorgiennes entraînèrent de sérieuses réserves de la part des membres russes du POSDR au sujet de l’orthodoxie marxiste des sociaux-démocrates géorgiens.» S. Jones « Socialism in georgian colors ».

1906. La réaction écrasant les mouvements révolutionnaires dans tout l’empire, la Géorgie est victime d’une terrible répression. La République de Gourie, qui aura duré 6 mois, sera écrasée dans le sang.

Les troupes cosaques commettent assassinats, viols, incendies. 13.000 personnes sont arrêtées en Géorgie. Beaucoup sont déportées en Sibérie. Le gouvernement tsariste tente de briser les forces de la démocratie en Transcaucasie, en attisant les discordes nationales et les conflits religieux existant de longue date entre Arméniens (chrétiens) et Azéris (musulmans). Après les tueries provoquées en Transcaucasie orientale, ce devait être le tour de Tiflis. Les communautés armées étaient prêtes à s’affronter, mais les sociaux-démocrates géorgiens firent échec au pogrom projeté en montant une manifestation pour s’interposer entre les belligérants, évitant ainsi un bain de sang.

Le gouvernement tsariste ne parvint pas à anéantir le Parti social-démocrate géorgien dont les résolutions et positions sont publiées dans le quotidien légal « Skhivi » (Rayon) dirigé par N. JORDANIA.

En Mars, aux élections à la 1ère Douma de l’empire russe, alors que les deux tendances – menchevique et bolchevique – du POSDR boycottent ces élections,la Social-démocratie géorgienne décide de présenter ses candidats. Son succès est écrasant ; les trois représentants dela Géorgie sont tous des sociaux-démocrates : le chef du Parti – Noé JORDANIA, celui qui avait dirigé la manifestation salutaire de Tiflis – Isidore RAMICHVILI, et Nicolas (Carlo) TCHEIDZE.

Avril. IVe Congrès d’unification du POSDR à Stockholm.La Social-démocratie géorgienne s’oppose aux thèses des « bolcheviks », conjointement aux « mencheviks » russes. Lénine est mis en minorité. Les faux mandats de Joseph Djougachvili (STALINE) et de ses amis sont invalidés par la commission des mandats. Le POSDR est réunifié, mais les bolcheviks s’organisent en « tendance », marquant ainsi les prémisses du futur parti « bolchevique ».  PLEKHANOVdéclare au nom du Congrès : « L’autodétermination signifie le droit de la nation de créer son propre état ».

Les bolcheviks sont pratiquement éliminés du paysage politique géorgien.

Mai, réunion de la 1ère Douma.

Juillet, dissolution de la 1ère Douma.

Les députés décident de se rendre en Finlande et signent le « manifeste de Viborg » rédigé par Noé JORDANIA et Pavel MILIOUKOV (leader du parti KD). Les signataires sont arrêtés et condamnés à 5 mois de prison. Noé JORDANIA échappe à l’arrestation et  restera  plus de dix-huit mois dans la clandestinité.

1907. En mars, élections à la 2ème Douma. Toutes les tendances présentent des candidats. La Social-démocratie géorgienne voit ses sept candidats élus parmi lesquels Artchil DJAPARIDZE, Irakly TSERETELI, Bikenti LOMTATIDZE, Constantin KANDELAKI, Severian DJOUGHELI, et Guérassim MAKHARADZE. Irakly TSERETELI, le benjamin, est élu à la tête du groupe social-démocrate de la Douma, qui réunit cinquante-six députés. Il mène la lutte contre STOLYPINE,  premier ministre du Tsar.

En mai, au Congrès de Londres (Ve congrès du POSDR),la Géorgie est représentée par 29 délégués, près de 30% d’entre eux sont originaires de Gourie parmi eux N. JORDANIA. Les bolcheviks reprennent la majorité et introduisent le principe du centralisme démocratique. Noé JORDANIA est quand même élu membre du comité central.

Se préparant à dissoudre la Douma, le gouvernement lui pose un ultimatum : retirer l’immunité parlementaire des députés sociaux-démocrates pour permettre de les arrêter et les juger.

Juin. Irakly TSERETELI dans un discours mémorable en appelle à la Douma, au nom du groupe social-démocrate, pour entrer dans la voie de la lutte révolutionnaire et prendre les mesures qui s’imposent pour la défense des droits des représentants du peuple et du peuple lui-même. Le lendemain, la Douma est dissoute. Touts les députés sociaux-démocrates sont arrêtés et condamnés aux travaux forcés. Déportés en Sibérie, DJAPARIDZE et LOMTATIDZE y mourront.

En août, signature de la Triple Entente entrela France, l’Angleterre etla Russie contre la Triple Alliance germanique.

Assassinat d’Ilia TCHAVTCHAVADZE. Le mystère plane toujours sur les responsabilités. A son enterrement, intervention de deux cadres du parti Social-démocrate géorgien : Nicolas TCHEÏDZE et  Vlassa MGUELADZE.

Achèvement des travaux de l’oléoduc Bakou-Batoumi.

Malgré l’intense répression, la social-démocratie géorgienne continue à gagner du terrain dans les villes comme dans les campagnes. Ainsi, en novembre, la social-démocratie géorgienne parvient à faire élire ses candidats à la troisième Douma, dite « Douma des seigneurs », en dépit de la modification de la loi électorale au bénéfice des nobles et des riches. A la Douma, sur un total de 442 députés, seuls 18 représentent la social-démocratie dont Nicolas (Carlo) TCHEIDZE (candidat du gubernia de Tiflis) et Evguéni GUEGUETCHKORI (candidat du gubernia de Koutaïssi).

Pendant dix ans, les sociaux-démocrates géorgiens GUEGUETCHKORI, TCHEIDZE, TCHENKELI, TSERETELI demeureront à l’extrême gauche de la Douma et assureront une représentation légale et publique aux exigences démocratiques.

1908. En décembre, réunion plénière du Comité central du POSDR à Paris. N. JORDANIA, membre du comité central, y participe. A l’origine de la convocation, l’arrestation du bolchevik LITVINOV pour vol d’assignats. Les bolcheviks, qui ont perdu tout prestige dans les milieux socialistes européens et auprès de l’Internationale socialiste, cèdent et cessent leurs « expropriations ».

Le parti, partagé entre bolcheviks « expropriateurs » et mencheviks « liquidateurs » (ceux-ci sont contre l’action clandestine, leur objectif est l’instauration de la démocratie bourgeoise en Russie), semble au bord de la décomposition.

En décembre, tout en restant sur les positions du menchevisme, PLEKHANOV et son groupe plaident en faveur du maintien de l’organisation illégale et du travail illégal du Parti. Ils réalisent un accord avec LENINE  et les bolcheviks.

La social-démocratie géorgienne poursuit son chemin original et décide de développer parallèlement  organisations légales et  illégales.

Akaki TCHENKELI reprend, lors de nombreuses réunions à Genève, la thèse de l’autonomie nationale culturelle.

Assassinat de l’archevêque NIKON, exarque de Géorgie. Fortes tensions entre prêtres géorgiens et éléments conservateurs du clergé russe.

1911. PLEKHANOV rompt avec LENINE.

Les organisations sociales-démocrates discutent de la question nationale.

1912. A la conférence de Prague (janvier), les bolcheviks excluent les mencheviks, inaugurant ainsi officiellement une existence autonome ; STALINE (Joseph Djougachvili) entre au comité central. Les bolcheviks continueront cependant jusqu’en 1918 sous l’appellation POSDR avec la mention entre guillemets du terme « bolcheviks ». En 1918, le POSDR désignera uniquement les mencheviks dirigés par MARTOV.

Grève générale en Géorgie (avril).

Dissolution de la 3ème Douma (juin).

Le député social-démocrate géorgien Akaki TCHENKELI réclame la « création d’institutions pour le libre développement de chaque nationalité ». LENINE est furieux. STALINE prépare la riposte bolchevique.

Novembre, début de la 4ème DOUMA. Les lois nouvelles et la répression provoquent la diminution du nombre total de députés sociaux-démocrates. Les ouvriers russes portent massivement leurs suffrages sur les candidats bolcheviques, contrairement à ce qui se produit en Géorgie. Là, comme à l’accoutumée, les candidats sociaux-démocrates sont élus.

1913. Célébration du tricentenaire du règne des ROMANOV.

Publication de « La question nationale et la sociale démocratie » de STALINE.

Grèves et manifestations dans tout le pays.

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