1914 – 1917

1914

28 juin, assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie.

28 juillet, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre àla Serbie

1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie puis, le 3, àla France, àla Serbie, et envahitla Belgique.

4 août,la Grande-Bretagne etla France entrent en guerre

6 août, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Russie

Les partis socialistes français, allemand et belge votent les crédits militaires de leur gouvernement (Union sacrée). Au nom du groupe social-démocrate, Nicolas (Carlo) TCHEÏDZE refuse de voter les crédits militaires àla Douma.

Création en Allemagne d’un Comité géorgien, animé par G. MATCHABELI et M. TSERETELI, avec pour objectif « la libération de la Géorgie » avec l’aide des Allemands et des Turcs. Ils prennent contact avec Noé JORDANIA. Un accord se fait : à l’intérieur du pays chaque formation oeuvrera selon sa propre ligne politique. Le Comité travaillera selon la sienne à l’étranger. Sur le point fondamental de l’indépendance de la Géorgie, aucune différence n’existe. Il faut seulement définir une tactique qui permette d’atteindre l’objectif sans risquer l’existence physique de la nation géorgienne.

1er novembre, l’Empire turc entre en guerre aux côtés des puissances centrales

2 novembre, la Russie déclare la guerre à la Turquie, alliée de l’Allemagne. Le Caucase devient un enjeu important. Plus de 150.000 géorgiens sont envoyés sur les champs de bataille de la « grande guerre ».

La guerre, les espoirs de révolution et de liberté qu’elle réveille chez les peuples opprimés, les possibles alliances avec les belligérants de tous bords, alimente les débats des cercles politiques.

1915. Incursions turques sur la côte de la mer Noire (avril).

Début du génocide arménien en Turquie (printemps).

Nomination du grand-duc NICOLAS comme vice-roi. Reprise de l’offensive russe (septembre)

 1916. Vague de grèves dans les villes (février-mai).

Occupation de Trébizonde par l’armée russe (avril).

Juin. Offensive victorieuse de l’armée russe en Anatolie.

Géorgie : terre d’accueil pour de nombreux réfugiés arméniens.

Lors du IIIe Congrès de l’Union des Nationalités à Lausanne, Irakly TSERETELI présente un rapport sur les « droits du peuple géorgien ».

1917. Janvier. Situation alimentaire catastrophique en Géorgie. Cas de famine dans certaines régions.

Tenue à Lantchkhouti d’une conférence du parti social-démocrate réunissant les représentants des seules organisations géorgiennes. L’accord se fait sur un point de stratégie essentiel : la déclaration de l’indépendance dela Géorgie si des circonstances favorables se créent, c’est-à-dire si l’armée russe se retire de Géorgie. Pour éviter toute démarche précipitée, cette décision devait être tenue secrète jusqu’à la conférence suivante qui devait décider de la  rendre publique ou non. Un mois après, la révolution russe commençait.

Révolution de février. Grèves, manifestations, mutineries allant crescendo, le 26 février, le tsar dissout la Douma. Le 27, mise en place d’un double pouvoir : le comité provisoire dela Douma, le soviet des députés ouvriers de Petrograd (présidé par un géorgien, Nicolas TCHEIDZE, remplacé en mars par son compatriote Irakly TSERETELI de retour de déportation).

Le Comité réunissant les partis géorgiens voit son autorité s’accroître dès le commencement de la révolution.

Mars.  Le 2, abdication du tsar.

Le 3. Formation du Gouvernement provisoire. Le 6, publication du programme du Gouvernement provisoire (amnistie, convocation d’une Assemblée constituante élue au suffrage universel…).

Le 12, l’Eglise géorgienne rétablit son autocéphalie.

15. Tiflis apprend la chute du régime.

17. Le Conseil (Soviet) révolutionnaire des ouvriers et des soldats de Tiflis élit Noé JORDANIA comme président.

22, le Gouvernement provisoire  crée l’Ozakom, Comité Spécial de Transcaucasie.

Avril. Arrivée de LENINE à Petrograd. Vives réactions du soviet de Petrograd à la note MILIOUKOV confirmant aux Alliés l’engagement de la Russie dans la guerre, manifestations.

A l’initiative des socialistes fédéralistes et du parti national-démocrate nouvellement formé, les principaux partis géorgiens – sociaux-démocrates compris,  créent un Bureau d’information inter-partis.

Mai,  formation du 2ème Gouvernement provisoire où entrent des représentants du soviet de Petrograd.

3-24 juin, 1er Congrès panrusse des soviets à Petrograd. LENINE au nom de la minorité bolchevique (105 délégués sur 800)  déclare être prêt à prendre le pouvoir.

3-4 juillet,  « Journées de juillet » à Petrograd. Violentes manifestations d’ouvriers, de soldats et des marins de Kronstadt contre le gouvernement et le soviet. Le 24, formation du troisième Gouvernement provisoire dirigé par KERENSKI.

21 août, le Bureau d’information inter-partis est rebaptisé « Comité National Inter-partis ». N. JORDANIA et A. TCHENKELI sont élus au Comité exécutif, mais les rapports entre sociaux-démocrates et nationaux démocrates sont difficiles.

27-31 août, tentative de putsch militaire par le général KORNILOV.

Septembre. Proclamation de la République de Russie.

VIe Congrès du parti bolchevique avec la participation de l’Organisation interdistricts dont quatre représentants sont élus au Comité central, parmi eux, TROTSKI.

Octobre. Le 7, ouverture du pré-Parlement et retrait des bolcheviks dès la séance inaugurale. Le 16, TROTSKI met sur pied le comité militaire révolutionnaire de Petrograd (CMRP) chargé de préparer l’insurrection bolchevique. Le 24, début du coup d’Etat bolchevique. Le 25, Petrograd tombe entre les mains des insurgés ; le CMRP proclame la destitution du gouvernement provisoire et prend le pouvoir. Nuit du 25 au 26, attaque du Palais d’Hiver et ouverture du IIème Congrès panrusse des soviets. Retrait des socialistes révolutionnaires et des mencheviks qui dénoncent le coup de force bolchevique. Nuit du 26 au 27, dernière séance du Congrès et formation du gouvernement provisoire bolchevique, le Conseil des commissaires du peuple, présidé par LENINE.

Pendant tous ces événements, le peuple géorgien  reste organisé autour de la Social-démocratie géorgienne.

Novembre. Le 11, le Comité Spécial de Transcaucasie est dissous sur l’initiative des conseils révolutionnaires transcaucasiens qui ne reconnaissent pas le coup d’Etat bolchevique. Le Comité est remplacé par un nouvel organe, le Commissariat de Transcaucasie, présidé par Evgueni GUEGUETCHKORI, avec Akaki TCHENKELI comme ministre des affaires étrangères. Outre ce pouvoir central, les Géorgiens, Arméniens et Azerbaïdjanais créent dans leurs pays respectifs des Conseils Nationaux pour subvenir aux besoins nationaux respectifs.

Le Congrès National de Géorgie est créé sur l’instigation et la direction du Comité National Inter-partis de Géorgie. Convoqué le 19, il réunit 329 délégués représentant l’ensemble des principaux partis politiques et organisations sociales, des syndicats aux assemblées de nobles géorgiens et à l’église. Dans son adresse au Congrès (le 20), N. JORDANIA réclame un Conseil National géorgien capable de faire ses propres lois, une armée géorgienne et une milice, une administration nationale, ainsi que la nationalisation des systèmes judiciaires et éducatif. Il déclare « Nous avons deux questions à décider, et nous avons besoin d’être unis…La première question est la garantie de notre existence nationale, la seconde, la création de la  base sur laquelle nous pouvons bâtir le libre développement culturel de notre peuple. Le Congrès national est la première pierre de cette base».

Au Conseil National géorgien ainsi désigné, la prépondérance appartient au parti social-démocrate. Noé JORDANIA devient le président du Conseil National.

Le Conseil National Géorgien s’occupa d’abord de la création d’une force armée nationale, mais ne put opposer d’emblée sa propre force de défense aux forces ennemies étrangères. En effet, sur le front du Caucase comme partout ailleurs les soldats se rangèrent du côté du pouvoir bolchevique qui promettait un prompt retour dans leurs foyers. En outre, la majorité des Caucasiens ayant été envoyés sur les fronts occidentaux, Géorgiens et Arméniens se trouvaient dans une situation  tragique.

Décembre. Aussi, fut-il fait appel au peuple pour défendre la patrie. Le Comité exécutif du Conseil révolutionnaire ouvrier de Tiflis, s’étant vu refuser par l’arsenal la fourniture des armes nécessaires, les ouvriers sociaux-démocrates, très faiblement armés mais fortement déterminés, parvinrent à s’emparer de l’arsenal sans qu’aucun coup de feu ne fut tiré (le 12). A l’exemple de Tiflis, d’autres unités essentiellement constituées d’ouvriers et de paysans furent ensuite constituées dans tous les coins de la Géorgie. Le pays eut ainsi la possibilité de s’armer et de se défendre ; ces colonnes armées furent baptisées «Garde Populaire ». L‘anniversaire du 12 décembre devint, en Géorgie, une fête nationale.

Le Commissariat et les organisations révolutionnaires travaillaient en parfaite harmonie et s’efforçaient de donner localement un cours normal aux événements post-révolutionnaires.

Pendant ce temps, l’anarchie et la guerre civile dévastent la Russie, et la dictature des soviets devient sanguinaire. Création de la Tcheka, police politique du nouveau régime.

Elections de l’Assemblée Constituante Panrusse où la Social-démocratie géorgienne remporte une victoire  éclatante (72 % des voix en Géorgie).

Armistice de Brest-Litovsk entre la Russie et les Empires centraux (15).

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