1918 – 1921 La Géorgie Indépendante

L’acte du 26 mai consacre la République démocratique de Géorgie qui garantit les droits civils et politiques à tous les citoyens habitant son territoire, sans distinction de sexe, de nationalité, de religion et de rang social.

Jusqu’à la convocation de l’Assemblée Constituante, le pouvoir resta au Conseil National complété par les représentants des minorités nationales, et au Gouvernement Provisoire responsable devant ce Conseil.

C’est ainsi que le Conseil National géorgien devint le premier Parlement de la République. Ne comprenant au début que des représentants des partis géorgiens, il s’adjoignit bientôt des représentants des minorités nationales (10 Arméniens, 4 Tatars, 3 Abkhazes, 2 Russes, 2 Ossètes…).

Dans ce premier parlement de Géorgie, la social-démocratie détenait la majorité absolue. Sa tâche principale fut de préparer la convocation de l’Assemblée Constituante, mais aussi de s’occuper de la réforme agraire, des réformes financières, de l’organisation de la défense de l’Etat.

Noé RAMICHVILI fut chargé de constituer le premier gouvernement de la de la Géorgie indépendante. Ce fut un gouvernement de coalition, à l’exception des communistes :

  • Noé RAMICHVILI (Social-démocrate), Président du gouvernement et ministre de l’Intérieur
  • Akaki TCHENKELI (Social-démocrate), Ministre des Affaires Etrangères
  • Grigol GUIORGADZE (Social-démocrate), Ministre de la Guerre
  • Guiorgui JOUROULI (National démocrate), Ministre des Finances, du Commerce et de l’Industrie
  • Guiorgui LASKHICHVILI (Socialiste fédéraliste), Ministre de l’Education Nationale
  • Noé KHOMERIKI  (Social-démocrate), Ministre du Travail et de l’Agriculture,
  • Chalva MESKHICHVILI (Socialiste fédéraliste), Ministre de la Justice
  • Ivané LORDKIPANIDZE (National démocrate), Ministre des Communications et des Chemins de Fer

La proclamation de son indépendance ouvrait à la Géorgie un chemin pour arrêter l’invasion turque. Au cours des négociations de Batoumi, le représentant de l’Allemagne avait déclaré à la délégation géorgienne que l’Allemagne serait prête à garantir la Géorgie contre l’agression turque, à la condition qu’elle consentit à laisser pénétrer sur son territoire les troupes allemandes.

L’ultimatum turque, qui exigeait la cession immédiate de tous les chemins de fer de Transcaucasie, arrivant à expiration le 29 mai, le gouvernement géorgien signa dès le 28 avec le général VON LOSSOV, représentant de l’Allemagne, la Convention de Poti (jamais ratifiée par le Parlement de Géorgie) accordant aux Allemands le droit de surveillance des chemins de fer de Géorgie, sans toutefois pouvoir s’immiscer dans les affaires intérieures du pays.

Le 4 juin, intervint la signature du Traité de Batoumi avec la Turquie.

Les premiers pas de la République de Géorgie se trouvaient entravés par ces deux obligations dont le côté avantageux pour la Géorgie était qu’elles se contredisaient et s’excluaient mutuellement.

L’Allemagne tint ses engagements et n’abusa pas de sa position vis-à-vis de la jeune république. Celle-ci, résolue à défendre son indépendance et sa neutralité, déclina la proposition d’alliance avec l’empire germanique formulée par la suite. Les soldats allemands et géorgiens prirent possession des chemins de fer dans certaines régions sensibles et s’opposèrent à l’avancée des Turcs qui arrêtèrent leurs opérations militaires contre la Géorgie. L’armée allemande séjourna en Géorgie six mois environ (juin-décembre).

Fin juin, Noé JORDANIA fut appelé à la présidence du gouvernement, et Noé RAMICHVILI prit en charge les ministères de l’Intérieur, de la Guerre et de l’Education Nationale.

Jusqu’alors la Garde Populaire, organisation politico-militaire intervenant sur le champ de bataille, n’était pas soumise au Ministère de la Guerre et ne reconnaissait d’autre pouvoir que celui du Président de l’Etat Major principal de la Garde tout comme du Conseil ouvrier, en la personne de N. JORDANIA. Elle ne reconnut le pouvoir du chef de gouvernement que lorsque ce pouvoir fut confié à N. JORDANIA.

Les forces armées géorgiennes se composaient désormais de l’armée recrutée par voie de service obligatoire et de la Garde Populaire, formée de volontaires, ouvriers et paysans. Au cours de l’été, ces jeunes forces armées furent obligées de se battre sur plusieurs fronts :

  • contre les Turcs dans les districts de Bortchalo, de Borjomi, d’Alkhaltsikhé et d’Alkhalkalaki,
  • contre les insurgés pro-bolcheviques ossètes,
  • contre les troupes russes blanches de Denikine qui n’acceptent pas l’indépendance de la Géorgie,
  • contre les troupes bolcheviques au col de Darial et sur le littoral de la Mer Noire en Abkhazie.

Juillet. Exécution du tsar.

Octobre. Blocus de la Russie par les pays de l’Entente qui envoient des troupes combattre l’Armée rouge aux côtés des armées blanches contre-révolutionnaires ; guerre civile en Russie. Le 30, la Turquie signe l’armistice à Moudros avec les alliés.

Novembre. Début de la débâcle de l’armée allemande. Le 3, L’Autriche-Hongrie signe l’armistice à Villa-Giusti. Le 8, le pouvoir bolchevique dénonce le traité de Brest-Litovsk. Le  9, abdication de Guillaume II.

Le 11 Novembre, victoire des alliés.

Mémoire soumit par le Prince Soumbatoff, représentant diplomatique en Suisse de la République de Géorgie, aux représentants des Puissances Alliées à Berne. Ce Mémoire a pour objet  la reconnaissance de l’indépendance de la Géorgie par l’Entente.

Décembre. Les troupes allemandes quittent la Géorgie. Elles sont remplacées par les troupes britanniques.

Conflit frontalier avec l’Arménie dans la région de Lori.

1919

18 janvier : la Conférence de la Paix de Paris  s’ouvre à Versailles.

25 janvier,  dans sa session plénière, la Conférence de la Paix réunit l’ensemble des puissances victorieuses.

La République de Géorgie y envoya  une délégation spéciale placée  sous la présidence de Nicolas (Carlo) Tchéidzé, dont Irakli Tsérétéli fait partie. Sa mission ? Obtenir la reconnaissance juridique du nouvel Etat. La délégation travailla pendant deux ans dans les différents centres de l’Europe et, surtout, à la Conférence de Paris.

28 janvier, l’Assemblée de Géorgie adopte la Réforme Agraire présentée au nom du parti Social-démocrate de Géorgie par Noé KHOMERIKI, ministre de l’Agriculture. Cette réforme permet une redistribution équitable à la paysannerie géorgienne.

« Notre socialisme revêtit un caractère spécifiquement géorgien sur la question agraire. Les paysans reçurent au titre de propriété privée les terres labourables confisquées, ce à quoi la doctrine socialiste s’opposait. C’était notre position depuis le début, depuis la création du parti, comme expliqué ci-dessus. A nos arguments économiques antérieurs s’ajoutaient maintenant des arguments à caractère national. Notre idée directrice était que la grande majorité de la population géorgienne, c’est à dire les paysans, devait prendre conscience que la Géorgie indépendante leur apportait la terre, leur donnait de nouveaux moyens d’existence. Ainsi chez nous, la réforme agraire devint sans conteste la réforme nationale. » Noé JORDANIA « Mon Passé »

Les travailleurs agricoles et les paysans propriétaires représentaient 80% de la population géorgienne. Le reste des classes sociales, artisans et ouvriers, 20%. La bourgeoisie était quasi inexistante. Les chemins de fer employaient 15.000 ouvriers, les mines de charbon de Tkivibouli et de Tkartcheli, 4.000 mineurs, les mines de manganèse de Tchiatoura, 2.000 mineurs.

Pierre RENAUDEL, proche de Jean JAURES, dirigeant national de la SFIO, député, dirigeant de l’Humanité pendant la première guerre mondiale, signa la préface  de la Réforme Agraire, édition française.

Février. Elections à l’Assemblée Constituante de Géorgie.

15 listes de candidats se trouvant en présence, on pouvait craindre l’émiettement des voix. Il n’en fut rien, l’immense majorité des électeurs accorda ses voix aux candidats sociaux-démocrates qui obtiennent109 des 130 sièges.

Les électeurs sont tous les citoyens et citoyennes de la République ayant vingt ans révolus, sans distinction de nationalité ni de confession, et sans restrictions censitaires. Les scrutins ont lieu au scrutin de liste, un jour férié, dans des conditions assurant à l’électeur le secret de vote le plus absolu. Les résultats du scrutin sont calculés en considérant tout le pays comme une seule circonscription, el les 130 sièges de l’Assemblée Constituante sont répartis entre les groupes ayant présenté des listes de candidats, proportionnellement au nombre de voix recueillies par chaque liste.

Répartition des sièges à l’Assemblée Constituante :

Social-démocrates…………………….109

National-démocrates…………………   8

Socialistes-fédéralistes……………….   8

Socialistes-révolutionnaires………    5

Les résultats globaux donnèrent les résultats suivants : Social-démocrates : 408.541 voix ; Socialistes-fédéralistes : 33.630 ; National-démocrates : 30.128 ; Socialistes-révolutionnaires : 21.453 ; Radicaux : 3.107 ; Dachnakstakans : 2.353. Le s autres listes obtinrent chacune moins de 2.000 voix.

A noter, l’élection de Arzakan EMOUKHVARI (1880-1939), enterré en exil au Cimetière de Leuville sous la mention : « Membre de la Constituante de Géorgie, Président du gouvernement autonome d’Abkhasie ».

L’Assemblée Constituante de Géorgie se réunit le 12 mars. Nicolas (Carlo) TCHEÏDZE, membre du Parti Social-démocrate, fut élu à la Présidence de l’Assemblée. L’Assemblée ratifia la déclaration d’indépendance du 26 mai 1918.

La Géorgie s’est dotée des structures d’une démocratie de type occidentale. En effet « A la même séance, l’Assemblée nationale a confiée à une commission le soin d’élaborer le projet de la Constitution de la République, donnant une forme juridique à l’organisation politique qui existait déjà, de fait, dans les institutions et la pratique constitutionnelle suivie en Géorgie. » Publication, Paris février 1922

D’après la Constitution élaborée par l’Assemblée « La souveraineté appartient à la nation entière. Le Parlement exerce cette souveraineté dans les limites fixées par la Constitution. » Article 52, et « L’organe représentatif de la République Géorgienne est le Parlement de Géorgie, composé des députés élus au suffrage universel, égal, direct, secret et proportionnel. » Article 46

Le chef de l’Etat est le Président du Gouvernement. « Le Président du Gouvernement élu par le Parlement est le représentant suprême de la République. Il nomme les ministres et représentants de la Géorgie auprès des Puissances étrangères et c’est auprès de lui que sont accrédités les représentants de ces Puissances. En l’absence d’une décision du Gouvernement, qui se trouverait empêché, le Président peut, à titre exceptionnel, recourir à la force armée de la République, mais il en informe immédiatement le Parlement. Les ordonnances d’exécution des lois et les règlements y relatifs émanent du Président du Gouvernement, lequel n’a toutefois pas le droit d’arrêter l’action de la loi ou d’en entraver l’exécution. » Article 70

Un gouvernement de coalition fut proposé par la majorité sociale-démocrate aux autres partis. Devant leur refus, un gouvernement homogène, composé exclusivement de membres du Parti Social-démocrate, est formé.

  • Noé JORDANIA, Président du gouvernement
  • Noé RAMICHVILI, Ministre de l’Intérieur, de l’Instruction Publique et de la Guerre
  • Evguéni GUEGUETCHKORI, Ministre des Affaires Etrangères et de la Justice
  • Noé KHOMERIKI,  Ministre de la Réforme agraire, du Travail et des Voies de communication
  • Constantin KANDELAKI, Ministre des Finances, du Commerce et de l’Industrie
  • Irakli TSERETELI, Représentant plénipotentiaire du gouvernement
  • Akaki TCHENKELI, Représentant plénipotentiaire du gouvernement en Europe

Noé JORDANIA s’entourera de conseillers personnels : Niko NIKOLADZE (National-démocrate), Ivané ZOURABICHVILI (National-démocrate), Guiorgui LASKHICHVILI (Social-fédéraliste), Guiorgui GVAZAVA (National-démocrate), Guiorgui JOUROULI (National-démocrate)

Avril. 1er congrès des syndicats.

L’Etat occupe une place prépondérante dans l’industrie et les transports. Le secteur coopératif joue un rôle important en milieu urbain.

17. Les troupes géorgiennes avancent jusqu’à la rivière Mekhadyr (Abkhazie), après avoir repoussé l’attaque des troupes blanches de DENIKINE, qui cherchent à envahir la Géorgie.

18. Les troupes géorgiennes repoussent l’avance des troupes turques. 20. Elles s’emparent de la ville d’Ardahan, occupée par les Turcs.

27. A Tbilissi, ouverture de la Conférence des Républiques Transcaucasiennes. E. GUEGUETCHKORI représente la Géorgie, TIGRANIAN, l’Arménie, KHAN-KHOÏSKY, l’Azerbaïdjan. La délégation de la République des Montagnards n’est pas présente à la première conférence.

Mai. Le gouvernement anglais, soutenant les troupes de DENIKINE, cherche à faire pression sur le gouvernement géorgien pour qu’il appuie les troupes des russes blancs.

16. Arrivée à Tbilissi d’une Mission Militaire italienne.

26. Défilés et manifestations commémorant la Fête Nationale.

Juin. Le 16. Un accord de défense mutuelle est signé entre les républiques de Géorgie et d’Azerbaïdjan. La délégation géorgienne est composée du Ministre des Affaires Etrangères, E. GUEGUETCHKORI, du Ministre de la Guerre, N. RAMICHVILI, de son aide de camp, le Général GUEDEVANOF et d’un membre du Conseil Supérieur de la Guerre, le Général ODICHELIDZE.

Mi juin : les troupes de DENIKINE occupent les grandes villes de la République des Montagnards du Caucase. Les Montagnards organisent la résistance dans les montagnes et la campagne.

22. Le bimensuel « La Géorgie indépendante », édité en français, devient hebdomadaire.

28. Signature de la Paix à Versailles entre l’Allemagne et les puissances alliées. Le pacte de la Société des Nations (S.D.N.) est incorporé au texte du Traité de paix sous forme de préambule. Le traité avait été préparé par la Conférence de la Paix (Paris, 18 janvier 1919 – 10 août 1920) qui élabora aussi les quatre traités secondaires : avec l’Autriche (Traité de Saint-Germain-en-Laye), la Hongrie (Traité du Trianon), la Bulgarie (Traité de Neuilly) et la Turquie (Traité de Sèvres). Ces traités modifient profondément la carte de l’Europe. Par ailleurs, la Turquie est limitée à Constantinople et à l’Asie Mineure.

Fin juin. Une compagnie italienne exploite les richesses forestières de la Géorgie. Une banque anglaise s’installe en Géorgie.

Les sociétés coopératives géorgiennes organisent leur Banque Coopérative.

Août. (Début), Le gouvernement français accuse le gouvernement géorgien de ralentir l’aide apportée à l’Arménie. Le gouvernement géorgien répond à cette attaque infondée.

Le 31. L’Assemblée des représentants de la Géorgie musulmane à Batoumi élit Mamed-Beg ABACHIDZE comme président et demande le rattachement du district de Batoumi à « la Mère Patrie » la Géorgie.

Septembre, une gestion commune arméno-géorgienne de la zone de Bortchalo, est mise en place sous le contrôle des troupes anglaises. Le 13, attentats bolcheviques contre des généraux géorgiens.

2 octobre, le général HARBORD, chef d’état-major des Etats-Unis est en visite en Géorgie.

Octobre et novembre, les bolcheviques organisent troubles, manifestations et démonstrations armées. Noé RAMICHVILI intervient rapidement avec l’armée et la Garde Nationale.

1920

Le 10 janvier, la S.D.N. entre en application, après la ratification du traité de Versailles par l’Allemagne et trois des principaux associés. Le 11, la Géorgie est reconnue de facto par la France, la Grande-Bretagne et l’Italie.

16 janvier. C’est à Paris qu’a lieu,  sur convocation du président Wilson, la première réunion du Conseil de la Société des Nations.

Dès février, après la décision du Conseil Suprême de l’Entente de transformer Batoumi en port franc, meetings, réunions publiques, articles de presse relancent le débat du retour à la République de Géorgie de la ville de Batoumi, occupée par les troupes anglaises.

Mars. Multiples provocations de l’armée des volontaires (troupes des russes blancs de Denikine) stationnée à Batoumi, qui exprime son opposition au retour de cette région à la République de Géorgie.

Le président de l’assemblée de la Géorgie musulmane,  M. ABACHIDZE remet un mémorandum, souhaitant le retour de Batoumi et sa région à la République de Géorgie, à  Oliver WARDROP, Haut-Commissaire de Grande Bretagne.

Tenue d’une conférence des républiques Transcaucasiennes. Le gouvernement géorgien essaie d’atténuer les divergences entre les délégations arménienne et azérie pendant que, sur le terrain, les combats entre les forces armées de ces deux républiques s’intensifient.

8. Première séance de Tribunal avec jury populaire, en Géorgie. Sur la liste des jurés, on compte 14 femmes et 19 hommes. Les nationalités sont représentées : 25 Géorgiens, 5 Arméniens et 3 Russes.

30. Une mission diplomatique de la république de Pologne arrive à Tbilissi. Elle représente les intérêts de la Pologne auprès des trois républiques caucasiennes.

Avril. Le 4, le Comte de MARTEL, Haut-Commissaire de la France arrive en Géorgie. Une délégation militaire géorgienne – conduite par le général ODICHELIDZE (sous-secrétaire d’Etat du Ministère de la Guerre) et le colonel ERISTAVI – est reçue en France.

Après un accord entre les turcophiles azéris et les bolcheviques, le pouvoir soviétique est proclamé à Bakou.

Création d’un Bureau caucasien du P.C.R (kavbjuro).

27. L’Azerbaïdjan est soviétisé.

Mai. Dans la nuit du 2 au 3, échec d’un coup de force d’agents russes qui  tentent de s’emparer de l’école militaire de Géorgie et de soulever les élèves sous-officiers contre le gouvernement.

Dans la nuit du 3 au 4, tentative déjouée de l’invasion de la Géorgie par les cavaliers de l’armée Rouge au Pont Rouge situé à la frontière entre la Géorgie et l’Azerbaïdjan (occupée par les troupes de l’armée rouge soviétique). Réaction immédiate de l’armée géorgienne et de la Garde nationale.

Le 7. La République Démocratique de Géorgie et la République Socialiste Fédérative Soviétique Russe, concluent un traité dont les deux premiers articles déterminent le statut de la Géorgie vis à vis de la Russie Soviétique :

– Article 1 : Se basant sur le droit de tous les peuples, proclamé par la RSFR, de disposer librement d’eux-mêmes jusque et y compris la séparation totale de l’état dont il fait partie, la Russie reconnaît sans réserve l’indépendance et la souveraineté de l’Etat géorgien et renonce de plein gré à tous les droits souverains qui appartenaient à la Russie à l’égard du peuple et du territoire géorgiens.

– Article 2 : Se basant sur les principes proclamés dans l’article premier précédent, du présent traité, la Russie s’engage à renoncer à toute intervention dans les affaires intérieures de la Géorgie.

Situation économique précaire : grave déficit budgétaire, forte inflation.

Le P.C. est légalisé.

26. Le jour anniversaire de l’Indépendance est largement fêté dans toutes les villes et villages de Géorgie.

Juin. Le 1er, Signature d’un traité économique entre la République démocratique de Géorgie et la République Soviétique d’Azerbaïdjan.

Le 27, la Russie soviétique ouvre son Consulat à Tbilissi.

Juillet. Le 1er, le district de Batoumi retourne à la Géorgie. Le 6, les troupes des russes blancs évacuent la ville et partent en Crimée. Le 7, devant les délégations militaires des alliés, les troupes anglaises quittent la Géorgie et abandonnent le district de Batoumi. L’armée géorgienne dirigée par les généraux KVINITADZE et ZAKARIADZE, entre dans la ville.

Conspiration bolchevique démasquée à Soukhoumi.

Second Congrès du Parti Social-démocrate de Géorgie.

Août.

2. Début de la semaine de l’aviation, destinée à recueillir des fonds pour la création d’une aviation militaire.

10. Traité de Sèvres (jamais ratifié par la Turquie) qui conduira à l’attaque turque contre l’Arménie.

26. mise en service des appareils télégraphiques et téléphoniques fabriqués par l’administration des postes de Géorgie.

 

Septembre

Du 14 au 30, visite d’une délégation de l‘Internationale Socialiste en Géorgie composée de :

De septembre à novembre 1920, Karl et Louise KAUSTSKY visitent la Géorgie et continuent l’enquête sur la République géorgienne. De retour en Allemagne, Karl KAUTSKY écrit son livre « La Géorgie une République socialiste paysanne ».

En novembre, la Géorgie demande son admission à la  SDN (Société des Nations).

Les partis membres de la Seconde Internationale appuient cette demande par des campagnes de presse dans les pays européens.

L’armée rouge se porte au secours de l’Arménie, attaquée par les troupes turques, pour prix de sa soviétisation.

Les troupes géorgiennes sont mobilisées et envoyées principalement aux frontières de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie.

En décembre, l’Assemblée de la SDN a à traiter de l’admission de la Géorgie au sein de cette organisation. Au scrutin qui s’en suit, bien qu’elle obtint le double de voix des autres Etats qui avaient posé leur candidature en même temps, elle ne recueille pas le minimum nécessaire à son admission.

1921

Le 27 janvier, l’indépendance de la Géorgie est reconnue de jure par le Conseil Suprême de l’Entente (Angleterre, France, Italie, Japon, Belgique). Elle est proclamée par l’Allemagne, la Turquie et l’Argentine. La reconnaissance de facto de l’Etat Géorgien datait de janvier 1920. L’exemple du Conseil Suprême fut suivi par la Pologne, la Roumanie, l’Autriche, le Mexique, etc.

Dans la nuit du 11 février, sans aucun préliminaire diplomatique, ni avertissement, ni déclaration de guerre, des détachements de la XIème armée soviétique qui se trouvait en Arménie (déjà occupée par les soviétiques), franchissent la frontière géorgienne en divers points et se dirigent vers Tbilissi. C’est ainsi que, brutalement, les Soviets violent le traité signé le 7 mai 1920 avec la Géorgie, traité par lequel ils reconnaissaient solennellement l’indépendance de la Géorgie et garantissait ses frontières.

Deux jours après cette invasion du côté de l’Arménie, les troupes de cette même XIème armée rouge, cantonnées en Azebaïdjan soviétique, sont lancées sur la Géorgie et  menacent aussi Tbilissi. Puis, les IVème et Vème armées rouges, parties du Caucase du Nord, marchent sur la Géorgie, en direction de Tbilissi et Koutaïs; enfin par le littoral de la mer Noire, elles se dirigent vers Soukhoum. C’est ainsi que la Russie soviétique se jeta contre la Géorgie avec trois armées, et l’attaqua de cinq côtés différents à la fois. Voir « Faux semblants de l’invasion par l’Armée rouge ».

22 février. Vote par l’Assemblée Constituante du texte définitif de la Constitution.

23 février. La Turquie, à qui la Russie soviétique promet de céder les deux provinces géorgiennes convoitées d’Artvin et Ardahan, déclare la guerre à la Géorgie. L’armée géorgienne se bat maintenant à la fois contre les troupes russes et turques.

25 février. Tbilissi tombe. Le gouvernement, l’armée et la Garde nationale se replient vers Batoumi.

Le même jour, le Ministre plénipotentiaire A. Tchenkeli est reçu en audience solennelle par le président français Millerand. Il remet ses lettres de créances au Président à l’Elysée.  la Légation de Géorgie est ouverte à Paris. Elle sera en fonction jusqu’en juillet 1933.(photo)

16 mars. Signature d’un traité commercial soviéto-britannique incluant une clause de non intervention. « Le fait a été rendu public pour la première fois par Tchitchérine, Commissaire des affaires étrangères dans son discours prononcé à Tiflis en avril 1925 : Après l’évacuation de Batoum (juillet 1920) par les Anglais, Lloyd-George a fait part au camarade Krassine que l’Angleterre ne s’immiscerait pas dans les relations entre la Russie et la Transcaucasie et qu’elle considérait le Caucase comme sphère d’influence de la République Soviétique. (Le Communiste, Tiflis, 5 avril 1925). » D. Charachidzé. H. Barbusse, les Soviets et la Géorgie. Ed. Pascal. Paris.

Le 17 mars, l’Assemblée, réunie à Batoumi sous les bombardements, demande au gouvernement de s’exiler pour continuer le combat. Le gouvernement géorgien, qui a refusé la capitulation, accepte la proposition d’asile politique de la France.

Le 18 mars, le Gouvernement National, investi de la pleine confiance de l’Assemblée Constituante, quitte la Géorgie  pour défendre sa cause dans le monde civilisé.

Le 19 mars, les troupes géorgiennes sous le commandement du Général MAZNIACHVILI écrasent les troupes turques qui attaquent Batoumi. Cet exploit ultime des troupes de la 1ère République permet de conserver Batoumi et sa région au sein de la Géorgie.

Les combats auront duré 6 semaines.

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