1er Traité russo-géorgien de 1783

Ass. géorgienne pour la SDN-traité de 17830001

 

Ass. géorgienne pour la SDN-traité de 17830002

 

Sources : « La phase actuelle du problème géorgien ». Association géorgienne pour la SDN N°2. Paris 1934

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Le maintien de la Légation géorgienne

La reconnaissance juridique de la République des Soviets par la France (28 octobre 1924 par le gouvernement Herriot) n’annula pas celle de la république indépendante de Géorgie.Et la Légation de Géorgie à Paris fut maintenue jusqu’en 1933.

Dans sa thèse de doctorat « Le triangle impossible – les relations franco-soviétiques et le facteur polonais dans les questions de sécurité en Europe (1924-1935 », Frédéric Dessberg explique le maintien de ce statu quo par l’influence exercée par les socialistes français, sans l’appui desquels Edouard Herriot n’aurait pu rester au pouvoir.  Le député Pierre Renaudel, qui avait visité la Géorgie en 1920 au sein de la délégation de la IIème International Socialiste, était un membre éminent du groupe socialiste et s’était taillé, par ses prises de paroles éloquentes à la Chambre des députés, la réputation de défenseur de la Géorgie indépendante. Lorsque Herriot quitta le gouvernement, le gouvernement géorgien en exil par la voix d’Akaki Tchenkeli le remercia pour son soutien. Ce soutien  se retrouva ensuite chez Aristide Briand, le nouveau ministre des Affaires étrangères dans les cabinets Painlevé (1925), Poincaré (1926), etc.

« 2- La question du maintien de la Légation géorgienne

La reconnaissance juridique du gouvernement soviétique par la France n’ayant pas annulé celle de la République indépendante de la Géorgie, sa représentation diplomatique, dirigée par Akaki Tchenkeli, continuait son activité. Le problème diplomatique que posait la présence d’une représentation géorgienne à Paris eut des répercussions politiques et devint, avec la restitution de la flotte Wrangel, un nouveau sujet de contentieux lié aux négociations franco-soviétiques.

(…)

(Herriot) tint à placer le cas de la Légation géorgienne en dehors des autres en spécifiant que la Géorgie avait été formellement reconnue par le gouvernement français. La Légation de Géorgie ne devint un point de contentieux important qu’à partir du moment où l’Union soviétique considéra que l’attitude française pouvait avoir des répercussions sur sa position internationale. Tchitchérine s’exprima pour une protestation officielle et le Bureau politique trancha dans le sens d’une action diplomatique, initiant de nouvelles démarches de Krassine.

Le maintien du statu quo tenait principalement à l’action que les socialistes français exerçaient sur lui. Formant un groupe influent sans le soutien duquel Herriot ne pouvait compter rester au pouvoir, les socialistes s’exprimaient souvent en faveur des représentants de la Géorgie menchevique par la voix du député Pierre Renaudel. Ce dernier soutenait la cause de la Géorgie depuis 1920, au sein de la IIème Internationale et en compagnie de chefs socialistes tels que le belge Emile Vandervelde ou le britannique Ramsey Mac Donald. Le député socialiste avait porté la défense d’une Géorgie indépendante devant la chambre des députés ce qui lui valut de la part de Moscou l’accusation d’être un ennemi de l’Union soviétique, coupable d’avoir influencé le texte de la formule de reconnaissance. Tenu d’aligner sa position sur celle des socialistes français, Herriot expliqua à Krassine que, son maintien au pouvoir dépendant de leur appui, Moscou devait s’en tenir à un modus vivendi entre les diplomates soviétiques et les représentants géorgiens qui seraient appelés à se rencontrer lors de cérémonies officielles.

Lorsque Herriot quitta le gouvernement, Tchenkeli le remercia pour son soutien et sa résistance aux reproches que lui adressaient les autorités soviétiques.[1] Il trouva un soutien similaire de la part du nouveau ministre des affaires étrangères, Aristide Briand. Les efforts diplomatiques de Krassine en vue de modifier l’attitude française cessèrent à ce moment. Ils ne reprirent qu’à la fin de l’année 1925 avec l’action énergique du nouvel ambassadeur soviétique Christian Rakovski. Le problème de la légation géorgienne à Paris ne fut cependant pas résolu avant 1932. »

Frédéric Dessberg, agrégé d’histoire, maître de conférences à l’Université de Paris I – Panthéon-Sorbonne, détaché aux écoles de St-Cyr Coëtquidan. « Le triangle impossible – Les relations franco soviétiques et le facteur polonais dans les questions de sécurité en Europe (1924-1935) ». Ed. Peter Lang. Bruxelles 2009


[1] BDIC, ARIG, Mfm 881, boîte 48, rouleau 138, – Lettre de Tchenkeli à Herriot  du 17 avril 1925



Les Sociaux-Démocrates restent

« Le Parlement n’envoya en mission à l’étranger que le seul gouvernement. Et nous n’emmenâmes avec nous que ceux qui pouvaient nous être utiles, qui pouvaient rendre des services techniques. Tous les autres ont fui leur pays de leur propre initiative. Notre mot d’ordre était : rester au pays, continuer avant tout la lutte politique et nous tenir aux côtés de la population. C’est par une mesure spéciale que fut rendue possible l’envoi à l’étranger du Présidium du parlement, en tant que représentation juridique de celui-ci et pour travailler de concert avec le gouvernement. Aucun social-démocrate, organisateur connu ou militant, ne partit de son propre chef. Au contraire, le parti avait décidé de rester sur place à Batoumi aux côtés de la population. » N. JORDANIA « Mon Passé »

 


La Garde Populaire – La Garde Nationale

IMG_0550 Etat major de La Garde les 3 Noé  et V Djougheli

Etat-major de la Garde Nationale – au 1er rang : au centre Noé Jordania, à sa gauche Valiko Djoughéli et Noé Ramichvili ; 2ème à sa droite, Noé Homeriki

  On doit à la Garde Populaire, en particulier, la prise de l’Arsenal de Tiflis. En effet, peu après la création du Commissariat de Transcaucasie, le 12 décembre 1917, le Comité exécutif du Conseil (Soviet) révolutionnaire ouvrier de Tiflis s’empare de l’arsenal et s’arme pour défendre la patrie. Les colonnes armées de militants du parti social-démocrate (essentiellement constituées d’ouvriers et de paysans) géorgien furent baptisées « Garde Populaire ». L‘anniversaire du 12 décembre devint, en Géorgie, une fête nationale.

  La Garde Populaire formée à l’initiative du Parti social-démocrate géorgien avant l’indépendance fut rebaptisée « Garde Nationale » quand l’Etat de la République de Géorgie fut proclamé.

  «  A l’époque difficile où se formait l’Etat démocratique de Géorgie, où la jeune République n’avait encore ni armée régulière, ni milice organisée, la Garde Populaire fut la seule force effective que les fondateurs de la République Géorgienne purent opposer aux éléments anarchiques et anti-étatistes. » Ses chefs et organisateurs des « forces armées du prolétariat » furent  «  Valiko DJOUGHELI, chef de l’état major, un des rares intellectuels compris dans ses rangs ; Alexandre DGUEBOULADZE, ouvrier socialiste, Valiko CHARACHIDZE, simple soldat ; il avait gagné quatre croix de Saint-Georges et avait refusé les galons d’officiers pour ne pas se séparer de ses camarades soldats. Il créa l’artillerie de la Garde Populaire. Il fut tué par les Tatars. Sandro MAISSOURADZE, ouvrier serrurier, tombé au cours de la guerre arméno-géorgienne, au combat d’Ekaterinfeld, en cherchant à reprendre à l’ennemi une batterie » W. Woytinski in  » La Démocratie Géorgienne »  –  Edition Alcan Levy – Paris 1921


Délégation Géorgienne pour la reconnaissance de l’indépendance de la Géorgie

La délégation travailla pendant deux ans dans les différents centres de l’Europe et surtout à la Conférence de Versailles. Elle se tenait en contact étroit avec les représentants des autres républiques caucasiennes et les délégations des nations libérées du joug russe par la révolution; elle travailla avec eux à la reconnaissance de ces pays par les puissances européennes.

Son activité n’était pas limitée aux démarches diplomatiques; elle accomplit aussi un travail d’information et de propagande d’une importance primordiale en faisant connaître à l’Europe l’histoire et les aspirations de la nation géorgienne, pour prédisposer son opinion publique en faveur de ses revendications. A la suite de cet effort, plusieurs personnalités européennes manifestèrent l’intention d’aller visiter la Géorgie indépendante pour pouvoir apprécier, sur place, ses efforts de reconstruction intérieure. La Géorgie reçut ainsi la visite de journalistes connus (Jean Martin du « Journal de Genève », P. Gentizon du « Temps ») qui furent bientôt suivis par des industriels, des géologues, de nombreuses personnalités diplomatiques et politiques, par un groupe de socialistes européens …. La publication par la presse de leurs observations sur la réalité géorgienne, et la campagne qu’ils menèrent dans les sphères politiques en faveur du nouvel Etat, facilitèrent beaucoup sa reconnaissance juridique.